La tension monte d’un cran à Gemena. Au cœur de la tourmente : les ouvriers de l’entreprise Immo SERKAS, qui dénoncent trois mois d’arriérés de salaire et haussent le ton.
Dès les premières heures de la matinée du jeudi 30 avril, plusieurs travailleurs se sont rassemblés devant les installations de la société, situées au camp cotonnier dans la commune de Labo. Objectif : exiger la régularisation immédiate de leur situation salariale.
Selon des sources concordantes, la direction locale évoque depuis plusieurs mois un message du PDG annonçant un transfert imminent des fonds. Mais sur le terrain, rien ne suit. Aucun paiement effectif n’a été constaté à ce jour, alimentant frustration et colère chez les agents.
Face à cette impasse, les ouvriers ont décidé de durcir le mouvement. Ils conditionnent désormais la reprise des activités à l’apurement total des arriérés. Pour eux, il s’agit d’une cessation concertée de travail, maintenue tant que leurs droits ne seront pas respectés.
Cette crise sociale ne laisse pas la population indifférente. À Gemena, de nombreuses voix s’élèvent également contre le retard préoccupant des travaux d’asphaltage des voiries urbaines. Initialement prévus pour une durée de 18 mois, ces travaux accusent aujourd’hui près de trois ans de dépassement, révélant de sérieuses défaillances dans l’exécution du projet.
L’inquiétude grandit d’autant plus que certains chantiers sont désormais à l’abandon, notamment à l’Institut du 4 Octobre Athénée de Gemena, à l’Institut du 20 Mai ainsi qu’à l’ITS Mpiko. Des projets laissés en suspens, que plusieurs habitants attribuent à la société Aron Sefu, sans qu’aucune mesure visible n’ait été prise jusqu’ici.
Dans ce climat tendu, les travailleurs lancent un appel pressant aux autorités compétentes pour une intervention rapide. Une médiation s’impose pour éviter la paralysie totale des activités et limiter les conséquences socio-économiques déjà palpables dans la ville.
De notre correspondant à Gemena dans le Sud-Ubangi Fiston Ngala Alexandre




