À l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, le verdict est tombé tard ce soir comme un coup de théâtre : la motion de défiance visant le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a été déclarée irrecevable. Une décision qui met fin, du moins provisoirement, à une séquence politique sous haute tension en RDC.
Tout s’est joué à la suite d’une motion incidentielle introduite par le député national Garry Sakata. L’élu de Bagata a pris la parole pour contester la validité même de la motion de défiance, dénonçant des irrégularités majeures dans sa constitution.
Selon lui, le document présenté comportait des anomalies graves, notamment la présence de noms d’individus ne siégeant pas à l’Assemblée nationale en qualité de députés. Il a ainsi qualifié la motion de « corrompue », évoquant également une surcharge suspecte de signatures ainsi que des cas présumés de faux en écriture.
Ces accusations ont immédiatement fragilisé les initiateurs de la motion, jetant un doute sur la crédibilité de leur démarche. Dans un contexte où la rigueur procédurale est essentielle, ces irrégularités ont pesé lourd dans l’appréciation des députés appelés à se prononcer.
Le député Paul Gaspard Ngondankoy est venu renforcer cette position en soulevant un autre point de droit. Il a reproché aux auteurs de la motion de ne pas avoir respecté la gradation des moyens de contrôle parlementaire prévue par les textes.
Selon lui, les initiateurs ont confondu la motion de défiance avec une simple interpellation, brûlant ainsi des étapes essentielles du processus parlementaire. Une faute de procédure qui, ajoutée aux soupçons d’irrégularités, a contribué à discréditer davantage l’initiative.
Face à ces arguments, la plénière a finalement tranché en faveur de l’irrecevabilité, empêchant ainsi l’examen au fond de la motion. Une issue qui a permis à Jacquemain Shabani d’éviter un vote potentiellement risqué sur son maintien au gouvernement.
Ce dénouement souligne l’importance des règles procédurales dans le jeu démocratique congolais. Mais il révèle aussi les tensions persistantes au sein de la classe politique, où batailles juridiques et stratégies parlementaires s’entremêlent pour influencer l’équilibre du pouvoir.
Teddy Gile




