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RDC-Belgique : le partenariat Umicore-STL ouvre une nouvelle étape pour la transformation du germanium

Le partenariat entre le groupe belge Umicore et la Société du Terril de Lubumbashi (STL) était au cœur des échanges, vendredi 21 août 2026, entre le président Félix-Antoine Tshisekedi et l’ambassadrice de Belgique en RDC, Roxane de Bilderling. Reçue à la Cité de l’Union africaine, la diplomate a présenté au chef de l’État les avancées de cette coopération industrielle, soutenue par une garantie financière de l’État belge. Derrière cet accord se joue un enjeu plus large : permettre à la RDC de tirer davantage de valeur de ses minerais stratégiques, en particulier du germanium extrait des résidus miniers de Big Hill, à Lubumbashi.

Le projet concerne directement la Société du Terril de Lubumbashi, filiale de la Gécamines, et Umicore, spécialiste belge du raffinage, du recyclage et des matériaux destinés notamment aux secteurs technologiques. Leur partenariat, signé en 2024, prévoit l’accompagnement technique de STL par Umicore pour optimiser son installation hydrométallurgique et augmenter la récupération du germanium contenu dans les anciens résidus miniers de Big Hill. Ce site contient environ 10 millions de tonnes de scories issues d’un siècle d’exploitation minière.  

L’enjeu est important pour la RDC. Pendant des années, le germanium issu de STL passait par des raffineurs situés à l’extérieur du pays. Le nouveau modèle cherche à déplacer une partie de cette chaîne de valeur vers Lubumbashi. Concrètement, le minerai est désormais traité localement pour produire un concentré de germanium avant son acheminement vers Umicore, en Belgique, où intervient une étape supplémentaire de raffinage. La première production congolaise de concentrés de germanium « Made in DRC » avait d’ailleurs été annoncée en 2024.  

Séance de travail du Ministre congolais des mines au siège de Umicore

Plus qu’un contrat minier, un transfert de savoir-faire

L’autre dimension du partenariat est peut-être encore plus stratégique : la technologie et les compétences. Umicore doit accompagner STL dans l’optimisation de ses procédés, mais aussi dans la formation des équipes congolaises. L’objectif est donc de ne pas limiter la coopération à l’achat et à la vente d’une matière première. À terme, la RDC doit disposer d’une main-d’œuvre mieux formée aux techniques de traitement, d’analyse et de recyclage des métaux critiques. Umicore indique déjà que son accompagnement porte sur le développement des compétences nécessaires à l’analyse du germanium et à l’amélioration des capacités de production.  

Pour Umicore, l’intérêt est également considérable. Le germanium est utilisé dans plusieurs applications de haute technologie, notamment les fibres optiques, les cellules solaires et certains équipements électroniques. L’entreprise cherche aussi à sécuriser et diversifier ses sources d’approvisionnement. Plus de la moitié de son approvisionnement en germanium provient désormais de ses propres technologies de recyclage, selon le groupe. Le partenariat avec STL lui permet donc d’accéder à une source supplémentaire de ce métal stratégique, tout en renforçant une chaîne d’approvisionnement basée davantage sur le recyclage et la valorisation de résidus miniers.

La garantie financière accordée par la Belgique ajoute une dimension particulière au projet. Elle doit contribuer à sécuriser les engagements financiers liés à cette coopération et à réduire certains risques pour l’investissement industriel. Selon des informations publiées en août 2026, cette garantie publique belge couvre notamment les risques liés aux avances consenties par Umicore à STL, même si les détails financiers de l’opération n’ont pas été rendus publics.   Pour Kinshasa, ce soutien constitue surtout un signal de confiance dans la capacité du projet à s’inscrire dans la durée.

Mais la rencontre Tshisekedi-Roxane de Bilderling ne s’est pas limitée au germanium. Les deux parties ont également passé en revue la coopération militaire entre la RDC et la Belgique. Celle-ci comprend notamment la formation de la 31e brigade de réaction rapide à Kindu, l’appui apporté aux officiers à Kananga ainsi que le soutien médical au camp militaire Kokolo. Cette coopération vise à renforcer les capacités des forces congolaises, en combinant formation, accompagnement professionnel et soutien dans le domaine sanitaire.

Enfin, les échanges ont également porté sur la situation politique en RDC et sur les préparatifs du dialogue national. Ce volet donne à la rencontre une portée plus large : coopération économique, partenariat industriel, sécurité et accompagnement politique se retrouvent ainsi sur la même table. Pour Kinshasa comme pour Bruxelles, le dossier Umicore-STL pourrait surtout servir de modèle à d’autres collaborations autour des minerais critiques : transformer davantage en RDC, former les Congolais et créer de la valeur localement, tout en permettant aux partenaires étrangers de sécuriser leurs approvisionnements. Le véritable test sera désormais de mesurer, dans les prochains mois, les emplois créés, les compétences transférées et la part de valeur effectivement conservée en RDC.

Teddy Gile 

 

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