La circulation sera temporairement interrompue dès ce dimanche 23 août 2026 sur la Route nationale n°1 (RN1), au niveau du croisement de Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula à Kinshasa. La mesure, annoncée par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, doit durer douze mois. Elle intervient dans le cadre de la construction du futur échangeur de Mitendi, appelé à relier la RN1 à la Rocade Sud-Ouest.
Pour permettre à l’entreprise chinoise China Railway Engineering Corporation (CREC-8) de travailler dans des conditions sécurisées, le trafic sera entièrement basculé vers une voie de déviation aménagée à proximité du chantier. Les automobilistes, les véhicules de transport en commun et les poids lourds devront donc adapter leurs itinéraires et respecter la signalisation ainsi que les consignes de la Police de circulation routière. Une période qui risque forcément de mettre à rude épreuve les habitudes des usagers de cet axe très fréquenté.

Un ouvrage attendu pour désengorger la RN1
À terme, l’échangeur de Mitendi doit changer la manière dont les véhicules circulent entre la RN1 et la Rocade Sud-Ouest. Le projet prévoit un ouvrage à trois niveaux permettant de mieux répartir les flux et d’éviter certains croisements directs qui contribuent aujourd’hui aux ralentissements. Le gouvernement présente cette infrastructure comme l’un des éléments majeurs du vaste projet des rocades de Kinshasa.
L’enjeu dépasse d’ailleurs le seul quartier de Mitendi. La Rocade Sud-Ouest doit relier Mitendi à l’arrêt Mbudi sur environ 21,38 kilomètres, tandis que l’ensemble des rocades Sud-Est et Sud-Ouest représente environ 73 kilomètres. L’objectif est notamment de permettre aux usagers de contourner certaines zones congestionnées de la capitale et de faciliter les liaisons vers le Kongo-Central et l’aéroport international de N’djili.
Sur le papier, le gain attendu est donc important : moins de croisements conflictuels, une meilleure répartition des véhicules et, à terme, une circulation plus régulière sur la RN1. La Première ministre Judith Suminwa avait d’ailleurs souligné, lors d’une visite du chantier en mai dernier, que ces infrastructures étaient destinées à désengorger Kinshasa et à améliorer la mobilité entre l’est et l’ouest de la capitale.

Mais avant de profiter de cette amélioration, les Kinois devront traverser une phase beaucoup moins confortable. La fermeture annoncée pour douze mois signifie que la qualité de la déviation sera déterminante. Si cette voie est correctement entretenue, suffisamment dimensionnée et bien régulée, les perturbations pourraient rester maîtrisables. Dans le cas contraire, les embouteillages risquent de se déplacer vers les itinéraires secondaires, avec des conséquences directes pour les travailleurs, les transporteurs et les riverains de Mont-Ngafula.
Le calendrier, principale inquiétude
L’autre question concerne le respect du délai de douze mois annoncé pour la fermeture. L’inquiétude n’est pas sans fondement. Le projet des rocades a déjà été confronté à plusieurs contraintes, notamment liées aux expropriations et à la libération des emprises. En juillet, des parlementaires avaient également relevé des problèmes administratifs ralentissant le rythme des travaux, alors que l’ACGT maintient l’objectif d’une livraison du projet vers la fin de 2027.

Pour les usagers de la RN1, l’enjeu est donc simple : douze mois doivent réellement signifier douze mois. Une prolongation de la fermeture au-delà de la période annoncée prolongerait mécaniquement les difficultés de circulation. La population est appelée à faire preuve de patience, mais cette patience sera d’autant plus facilement acceptée que le chantier avancera de manière visible et régulière. Au-delà de l’ouvrage lui-même, c’est donc la capacité des autorités et de l’entreprise à tenir leurs engagements qui sera scrutée.
Teddy Gile




