Les Léopards de la RDC ont raté leur première sortie de la trêve internationale d’octobre. Opposée à l’Ouganda vendredi 2 octobre au FNB Stadium de Johannesburg, la sélection congolaise s’est inclinée 0-2. James Bogere a ouvert le score à la 7e minute avant que Kelvin Boateng ne double la mise après la pause.
Ce résultat ne doit pourtant pas être analysé comme une simple défaite. Sébastien Desabre avait volontairement bouleversé son équipe pour offrir du temps de jeu à plusieurs profils nouvellement convoqués ou encore peu expérimentés avec les Léopards. Kambwala, Makengo, Banzuzi, Mavididi et Pululu figuraient notamment dans le onze de départ.
Le premier enseignement est donc clair : le groupe congolais dispose de nouvelles options, mais celles-ci ne peuvent pas encore être considérées comme des solutions immédiatement interchangeables. Le collectif qui a remporté ses deux premiers matches des éliminatoires de la CAN 2027 possède des automatismes construits dans la durée. Les modifier presque entièrement demande forcément un temps d’adaptation.
La principale faiblesse de cette équipe est apparue dans la gestion des moments importants. Le premier but illustre parfaitement le problème. Sous pression, la relance congolaise a été mal maîtrisée et Bertaud a offert à Bogere une situation idéale. L’Ouganda n’a pas eu besoin de multiplier les occasions pour prendre l’avantage.

Le deuxième but confirme cette difficulté. Après la pause, la RDC a encore été punie sur une situation où la maîtrise collective a fait défaut. Boateng a exploité l’espace laissé par les Congolais pour porter le score à 2-0. Deux erreurs dans des moments clés ont ainsi davantage pesé que les séquences de possession et les intentions affichées par les Léopards.
C’est justement là que se situe la principale limite de cette prestation : avoir le ballon ne suffit pas. Les Congolais ont parfois réussi à installer leur jeu, mais ils ont manqué de précision dans les trente derniers mètres. Face à un bloc ougandais discipliné, les initiatives individuelles n’ont pas toujours été accompagnées par suffisamment de mouvements autour du porteur.
Les nouveaux venus ont toutefois laissé quelques indications intéressantes. Kambwala a affiché de l’engagement et l’envie de s’imposer. Sa coordination avec Kapuadi a cependant manqué de fluidité. Makengo a montré de bonnes dispositions techniques, mais avec encore trop de retenue. Banzuzi, lui, a affiché une palette intéressante, tout en souffrant parfois de l’absence de solutions proches pour poursuivre ses actions.
Mavididi constitue également un cas intéressant. Sa qualité technique et sa capacité à trouver les bonnes zones pour centrer sont apparues comme des atouts. Il lui faudra cependant encore apprendre à choisir ses moments. Dans une équipe où les automatismes sont à construire, jouer plus simplement peut parfois être plus efficace que chercher systématiquement l’exploit individuel.

Le secteur offensif a, lui aussi, posé question. Pululu a eu très peu d’influence dans le jeu et n’a pas suffisamment pesé sur la défense adverse. Essende a également connu une soirée compliquée, avec plusieurs difficultés techniques dans ses prises de balle et ses transmissions. Mais ces prestations doivent être replacées dans un contexte collectif : un attaquant isolé reçoit rarement les conditions nécessaires pour s’exprimer.
La responsabilité ne repose donc pas uniquement sur les nouveaux. Les joueurs plus expérimentés alignés au coup d’envoi avaient aussi un rôle essentiel à jouer dans cette configuration. Avec plusieurs partenaires découvrant ou redécouvrant le groupe, ils devaient apporter de la stabilité, orienter le jeu et faciliter les connexions. Sur cet aspect, la prestation de certains cadres est restée en dessous des attentes.
Desabre devra surtout tirer les bonnes conclusions de cette expérimentation. Le sélectionneur a obtenu une information importante : remplacer plusieurs éléments d’un même coup modifie fortement les équilibres de l’équipe. Cela ne condamne évidemment pas les nouveaux joueurs. Au contraire, certains ont montré suffisamment de qualités pour mériter d’autres occasions. Mais intégrer une sélection nationale ne consiste pas seulement à posséder des qualités individuelles. Il faut aussi comprendre les déplacements, les exigences et les réflexes collectifs du groupe.

Cette défaite rappelle finalement une réalité souvent oubliée : une sélection se construit dans le temps. Les Léopards ne peuvent pas tirer des conclusions définitives après un seul match amical, pas plus qu’un nouveau joueur ne peut être présenté comme le remplaçant automatique d’un cadre absent. Le deuxième rendez-vous contre l’Ouganda, prévu le 5 octobre à Johannesburg, donnera à Desabre une nouvelle occasion de tester ses associations et de mesurer les progrès de ses nouveaux éléments.
Moise Makoro




