Le pape Léon XIV est arrivé ce vendredi 25 septembre en France pour une visite apostolique de quatre jours, jusqu’au lundi 28 septembre. Accueilli à l’aéroport de Paris-Orly par le président Emmanuel Macron, le souverain pontife entame son premier déplacement officiel en France depuis son élection. Son programme prévoit des étapes à Paris, Lourdes et Metz.
Cette visite intervient 18 ans après le dernier déplacement d’un pape en France. Le voyage de Léon XIV combine plusieurs dimensions : rencontres institutionnelles, rendez-vous avec les catholiques, échanges avec la société civile et messages sur plusieurs grandes questions contemporaines. Le Vatican présente ce déplacement comme un voyage apostolique, avec une forte dimension pastorale.
À Paris, la première séquence est consacrée aux autorités françaises. Après son arrivée à Orly, Léon XIV se rend à l’Élysée pour rencontrer Emmanuel Macron. Il doit ensuite s’adresser aux autorités, aux représentants de la société civile et au corps diplomatique. Cette rencontre donne au voyage une dimension qui dépasse le seul cadre religieux.
Le pape doit également se rendre au siège de l’UNESCO. Ce rendez-vous constitue l’un des moments importants de son passage dans la capitale. Léon XIV y abordera notamment les questions liées à l’éducation, à la culture et aux défis posés par les transformations technologiques. Son intérêt pour les enjeux liés à l’intelligence artificielle s’inscrit dans les préoccupations exprimées depuis le début de son pontificat.

La journée se poursuivra à la cathédrale Notre-Dame de Paris, où Léon XIV présidera les vêpres en présence d’évêques, de prêtres, de diacres, de personnes consacrées et de séminaristes. Dans la soirée, il rejoindra le Stade de France, à Saint-Denis, pour une grande veillée de prière avec les jeunes. L’événement doit réunir plusieurs dizaines de milliers de participants, dans un programme mêlant prière, musique et échanges avec le pape.
La jeunesse occupe ainsi une place importante dans cette visite. Le pape doit notamment rencontrer de jeunes catholiques, mais aussi des catéchumènes et des néophytes. À travers ces rendez-vous, l’Église souhaite donner une place centrale à ceux qui représentent son avenir dans un pays où la pratique religieuse a profondément évolué au cours des dernières décennies.
Samedi, Léon XIV se rendra également à la Maison Bakhita, un centre d’accueil et d’accompagnement de personnes migrantes à Paris. Ce passage met en avant une autre dimension de son voyage : l’attention portée aux personnes vulnérables, aux migrants et aux questions sociales. Il rencontrera ensuite les membres de l’assemblée synodale provinciale, avant de célébrer une grande messe place de la Concorde.
La deuxième étape du voyage sera Lourdes. Le pape y priera à la grotte de Massabielle, haut lieu du catholicisme mondial, avant de rencontrer les évêques de France et de célébrer une messe au sanctuaire. Il rencontrera également des personnes accueillies à Lourdes ainsi que des religieuses contemplatives. Le séjour se terminera par la prière du Rosaire et une procession aux flambeaux.

Lourdes donnera aussi au voyage une dimension particulière sur la question des victimes d’abus sexuels dans l’Église. Léon XIV doit rencontrer à huis clos des personnes victimes d’abus commis par des membres du clergé. Ce rendez-vous intervient dans un contexte marqué en France par les révélations sur l’ampleur des violences sexuelles dans l’Église et par les demandes de reconnaissance, de justice et de réparation formulées par les victimes.
Le dernier volet du déplacement se déroulera à Metz, lundi 28 septembre. Léon XIV y participera à une rencontre interreligieuse, puis à un échange consacré aux racines de l’Europe, avec un accent particulier sur la paix et l’unité. Le choix de Metz donne ainsi au voyage une dimension européenne, alors que le continent reste confronté à plusieurs crises politiques, sécuritaires et géopolitiques.
La question de la paix devrait donc occuper une place importante dans les messages du pape. À Metz, la référence aux racines européennes et à l’unité fait écho à la vocation historique de la ville et à l’héritage de Robert Schuman. Le pape célébrera ensuite une messe à la cathédrale Saint-Étienne, avant de quitter la France pour Rome dans la soirée.
Au-delà du calendrier officiel, cette visite se déroule dans une France marquée par une forte tradition de laïcité. Elle intervient également alors que plusieurs sujets défendus par l’Église catholique, notamment les questions liées à la vie, à la fin de vie et à certaines évolutions sociales, font l’objet de débats dans la société française. Le déplacement de Léon XIV sera donc aussi observé à travers sa capacité à dialoguer avec une société largement sécularisée.

Enfin, la sécurité constitue un autre enjeu majeur de cette visite. Les autorités françaises ont classé le déplacement du pape parmi les grands événements nécessitant un dispositif particulier. Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz sont concernés par des mesures de sécurité spécifiques, en raison notamment de l’importante affluence attendue autour des différents rendez-vous.
Pendant quatre jours, Léon XIV cherchera ainsi à conjuguer plusieurs messages : renforcer le lien avec les catholiques de France, rencontrer les jeunes, dialoguer avec les autorités et la société civile, soutenir les personnes vulnérables et porter un message de paix. De Paris à Lourdes, puis à Metz, cette première visite du pape en France entend également inscrire son pontificat dans les grands débats qui traversent l’Église, la société française et l’Europe.
Teddy Gile




