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CENI : Denis Kadima met le financement des prochaines opérations électorales sur la table du gouvernement

À deux ans des élections nationales, provinciales et locales prévues en 2028, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) commence à préparer le terrain financier. Son président, Denis Kadima Kazadi, a échangé avec le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito Fumutsi, sur les besoins liés aux prochaines opérations électorales. Au centre des discussions : la nécessité d’anticiper les ressources nécessaires à un processus qui s’annonce long et complexe.

Pour Denis Kadima, la question budgétaire ne peut pas être traitée au dernier moment. La CENI étant une institution publique financée par le budget de l’État, elle doit inscrire ses besoins dans les prévisions gouvernementales. Le président de la Centrale électorale indique ainsi que des propositions ont été soumises au ministère du Budget et que d’autres échanges devront suivre avec les institutions concernées avant l’adoption des crédits.

La première priorité identifiée par la CENI est l’enrôlement des électeurs. Cette opération constitue une étape déterminante avant l’organisation des différents scrutins. Elle implique notamment la préparation du matériel, le déploiement des équipes, l’installation des centres d’inscription, la collecte et le traitement des données. Dans sa feuille de route publiée en 2025, la CENI avait déjà placé l’identification et l’enrôlement des électeurs au cœur de la préparation du cycle électoral de 2028.

L’enjeu financier est d’autant plus important que les opérations électorales s’étendent sur plusieurs années. Après l’enrôlement viendront notamment la centralisation et le traitement des données, la répartition des sièges, la réception des candidatures et l’acquisition du matériel destiné aux scrutins. La feuille de route de la CENI prévoit ainsi une succession d’étapes jusqu’aux élections directes de 2028.

La Centrale électorale doit également composer avec des contraintes logistiques considérables. L’immensité du territoire congolais, les difficultés d’accès à certaines zones et les conditions climatiques compliquent le déploiement des équipements et du personnel. À ces contraintes s’ajoutent les questions sécuritaires, particulièrement dans certaines parties de l’Est du pays. La CENI avait identifié ces difficultés parmi les principaux défis de son cycle électoral.

Le financement constitue donc un enjeu opérationnel autant que budgétaire. En mai 2026, Denis Kadima avait déjà évoqué devant l’Assemblée nationale les difficultés rencontrées pour organiser certains scrutins locaux, notamment en raison de l’absence de financement. Les élections locales préparées par la CENI n’avaient finalement pas pu se tenir malgré l’enregistrement des candidatures et la publication du calendrier.

La CENI cherche cette fois à éviter une situation où les moyens financiers arriveraient tardivement par rapport au calendrier électoral. Denis Kadima rappelle que l’institution doit formuler ses besoins suffisamment tôt afin que le gouvernement puisse les intégrer dans ses prévisions. Cette anticipation concerne aussi l’état du matériel électoral : la CENI a déjà entrepris des opérations d’inventaire et d’évaluation de ses équipements afin d’identifier ceux qui peuvent être réutilisés, réparés ou remplacés.

L’entretien avec Adolphe Muzito intervient alors que le gouvernement prépare le budget de l’État pour 2027. Le ministre du Budget a récemment indiqué que l’exécutif vise une progression importante des ressources propres de l’État, avec une perspective de 17 à 18 milliards de dollars en 2027 et jusqu’à 22 milliards à l’horizon 2028. Ces projections donnent un cadre général aux arbitrages budgétaires à venir, même si elles ne préjugent pas de l’enveloppe qui sera finalement consacrée à la CENI.

Pour la Centrale électorale, le financement des élections de 2028 devra donc être pensé comme un effort progressif plutôt qu’une dépense concentrée à la veille des scrutins. L’enrôlement, la logistique, la formation du personnel, le traitement des données, la production et le déploiement du matériel ainsi que l’organisation des différents scrutins nécessitent des ressources à plusieurs étapes. La CENI prévoit par conséquent de poursuivre ses consultations avec le gouvernement et les autres institutions impliquées dans le processus.

À ce stade, Denis Kadima se veut prudent sur les montants définitifs. Il précise que la CENI formule des propositions et que celles-ci doivent encore suivre le processus budgétaire avant toute adoption. La rencontre avec Adolphe Muzito constitue ainsi une première étape dans la recherche d’un cadre financier adapté aux échéances de 2028. Pour la CENI, le défi est désormais de transformer suffisamment tôt les prévisions électorales en ressources disponibles, afin que les contraintes financières ne viennent pas ralentir les opérations à venir.

Benjamin Gile 

 

 

 

 

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