La Zone de Santé de Libenge, dans la province du Sud-Ubangi, fait face à une importante épidémie de choléra. À la 32ᵉ semaine épidémiologique, plus de 300 cas de choléra ont été enregistrés, pour un bilan particulièrement préoccupant de 80 décès, selon le Médecin Chef de Zone, Dr Benjamin Bokungu.
L’alerte sanitaire a été officiellement confirmée après l’analyse d’échantillons transmis à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa. Sur les neuf cas suspects soumis aux analyses, six se sont révélés positifs au choléra. Ces résultats ont conduit au déclenchement de la riposte sanitaire dans la Zone de Santé de Libenge.
Selon le Dr Benjamin Bokungu, les premiers foyers ont été identifiés dans deux structures sanitaires situées le long de la rivière Ubangi. Il s’agit du Centre de Santé de Batanga et du Centre de Santé d’Elaka, deux points désormais au cœur de la surveillance épidémiologique mise en place par les équipes sanitaires.

La situation suscite d’autant plus d’inquiétude que le choléra à Libenge pourrait gagner d’autres secteurs. La maladie tend notamment à atteindre des zones voisines, dont la Zone de Santé de Mawuya Bokonzi. Les autorités sanitaires renforcent donc la vigilance afin de détecter rapidement les nouveaux cas et limiter la propagation de l’épidémie.
Face à cette progression, le Médecin Chef de Zone appelle la population à renforcer les mesures d’hygiène. « Nous devons nous protéger et protéger les autres », insiste le Dr Benjamin Bokungu. Le choléra peut provoquer une déshydratation sévère et devenir rapidement mortel lorsqu’il n’est pas pris en charge à temps.
La prévention repose notamment sur des gestes simples au quotidien. Les habitants sont invités à se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon, à consommer une eau sûre et à respecter les règles élémentaires d’hygiène. En période de forte circulation de la maladie, les autorités recommandent également de limiter les contacts physiques non nécessaires, notamment les poignées de main.
La gestion des décès constitue également un enjeu important dans la lutte contre le choléra dans le Sud-Ubangi. Les autorités insistent sur la nécessité d’organiser des funérailles sécurisées et dignes pour les personnes décédées. Cette précaution vise à réduire les risques de transmission tout en permettant aux familles d’accompagner leurs proches dans le respect.
Sur le terrain, les équipes de la Zone de Santé de Libenge sont mobilisées pour assurer la prise en charge des malades, renforcer la surveillance épidémiologique et sensibiliser les communautés. Cette riposte doit permettre d’identifier rapidement les personnes infectées et de réduire les décès liés à une prise en charge tardive.

Les autorités sanitaires demandent à toute personne présentant une diarrhée aiguë, particulièrement lorsqu’elle est accompagnée de vomissements, de se rendre immédiatement dans le centre de santé le plus proche. Elles déconseillent fortement l’automédication, qui peut retarder la prise en charge médicale et augmenter le risque de complications.
À Libenge, la lutte contre le choléra repose désormais sur trois priorités : vigilance, hygiène et prise en charge rapide. Alors que plus de 300 cas et 80 décès sont déjà rapportés à la 32ᵉ semaine épidémiologique, chaque cas suspect doit être signalé sans délai. La mobilisation des communautés et des équipes sanitaires sera déterminante pour contenir la propagation de l’épidémie dans le Sud-Ubangi.
Fiston Ngala Alexandre




