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Qui est Fatima Ezzahra El Mansouri, la première femme à diriger le gouvernement marocain ?

Fatima Ezzahra El Mansouri entre dans l’histoire du Maroc. Le roi Mohammed VI l’a nommée cheffe du gouvernement, mardi 29 septembre 2026. Elle devient ainsi la première femme à accéder à la tête de l’exécutif marocain. Sa nomination intervient quelques jours après la victoire de son parti, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), aux élections législatives du 23 septembre. Le PAM a remporté 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants.

À 50 ans, Fatima Ezzahra El Mansouri n’arrive pas au sommet de l’État par hasard. Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, elle est juriste et avocate spécialisée dans le droit foncier et immobilier. Elle a étudié le droit privé à l’université Mohammed V de Rabat, puis obtenu un DEA en droit des contrats d’affaires à l’université de Montpellier, en France. Elle a également suivi une formation en droit anglo-saxon à Pace University, aux États-Unis.

Son parcours politique commence en 2007. Un an plus tard, elle participe à la création du Parti Authenticité et Modernité. En 2009, elle devient la première femme Maire à diriger Marrakech, sa ville natale. Elle occupe cette fonction jusqu’en 2015, avant de retrouver la présidence du conseil communal en 2021. Entre-temps, elle fait aussi ses premiers pas au Parlement et gravit progressivement les échelons de son parti.

Fatima Ezzahra El Mansouri possède également une expérience gouvernementale.Depuis 2021, elle était ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Depuis 2024, elle coordonnait aussi la direction collégiale du PAM. Son passage par la mairie de Marrakech, le Parlement, le gouvernement et la direction de son parti lui donne une expérience à plusieurs niveaux du pouvoir public.

Sa nomination marque donc une rupture symbolique dans la vie politique marocaine.Jusqu’ici, aucune femme n’avait dirigé le gouvernement du royaume. L’événement intervient alors que les femmes occupent déjà plusieurs responsabilités importantes dans les institutions marocaines. Le précédent gouvernement comptait notamment quatre femmes ministres. Avec El Mansouri, une femme prend désormais directement la tête de l’exécutif.

Mais le symbole devra rapidement laisser place à l’action. Première difficulté : former une majorité parlementaire. Son parti dispose de 97 sièges et reste donc loin des 198 sièges nécessaires pour contrôler seul la Chambre des représentants. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), arrivé deuxième avec 66 sièges, et l’Istiqlal, troisième avec 65 sièges, constituent des partenaires possibles. Les discussions pourraient toutefois être complexes après une campagne électorale marquée par des tensions entre formations.

Le pouvoir d’achat sera également au cœur de son agenda. La hausse des prix et les difficultés économiques figurent parmi les préoccupations majeures de la population. La nouvelle cheffe du gouvernement devra aussi répondre à la question de l’emploi, particulièrement pour les jeunes. Selon les données citées par Le Monde, le chômage atteignait 9,5 % de la population active au deuxième trimestre 2026. Le PAM avait promis de contribuer à la création d’un million d’emplois.

La jeunesse constitue justement un autre défi politique pour Fatima Ezzahra El Mansouri. Les dernières années ont été marquées par une mobilisation de jeunes autour des questions sociales, de l’éducation, de la santé et des inégalités territoriales. La nouvelle cheffe du gouvernement devra donc transformer les annonces politiques en réponses concrètes. Elle devra aussi tenter de restaurer la confiance d’une partie de la jeunesse envers les institutions et la participation politique.

Un autre chantier majeur sera la préparation de la Coupe du monde 2030. Le Maroc coorganisera cette compétition avec l’Espagne et le Portugal. Le prochain gouvernement devra superviser la dernière phase d’un vaste programme d’investissements dans les infrastructures sportives, les transports et les équipements urbains. Selon Reuters, l’effort de préparation est évalué à environ 20 milliards de dollars. Ce chantier représente à la fois un enjeu économique, diplomatique et d’image pour le royaume.

Fatima Ezzahra El Mansouri devra enfin transformer sa victoire politique en résultats concrets. Son expérience de maire, de parlementaire, de ministre et de responsable du PAM constitue une partie de son parcours. Mais la direction du gouvernement change d’échelle. Elle devra composer avec une majorité à construire, des attentes sociales fortes et plusieurs dossiers économiques stratégiques. Sa nomination restera historique quoi qu’il arrive. La suite de son mandat dira surtout comment cette première féminine se traduira dans la gouvernance quotidienne du Maroc.

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