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À Kinshasa, Denis Kadima conduit l’adoption d’un cadre commun pour les élections en Afrique centrale

L’Afrique centrale franchit une nouvelle étape dans sa coopération électorale. Réunis à Kinshasa du 15 au 17 septembre 2026, les membres du Réseau des Organes de Gestion des Élections en Afrique centrale (ROGEAC) ont adopté les Principes des élections démocratiques en Afrique centrale (PEDAC). Le document devient ainsi un cadre commun destiné à orienter la gestion, l’administration, le suivi et l’observation des élections dans la sous-région. 

L’enjeu de cette adoption dépasse donc la seule tenue d’un atelier à Kinshasa. Les représentants des organes électoraux ont travaillé sur les différentes étapes du processus électoral, de la phase pré-électorale à la période post-électorale. Ils ont également abordé des défis devenus incontournables, comme l’inclusion, la cybersécurité, la protection des données et la désinformation. Le texte adopté cherche ainsi à établir des références communes tout en tenant compte des réalités propres aux différents États.

Le premier enseignement du communiqué final est la volonté de disposer d’un même socle de principes pour les administrations électorales d’Afrique centrale. Le ROGEAC entend notamment renforcer la coopération entre ses membres, favoriser le partage d’expériences et améliorer progressivement les pratiques électorales. Cette orientation correspond à la mission même du Réseau, créé pour promouvoir la coopération et l’amélioration des processus électoraux dans la région.

Les PEDAC accordent également une place importante à la qualité des processus électoraux. Transparence, crédibilité et inclusion figurent parmi les objectifs mis en avant dans les travaux de Kinshasa. L’idée est de disposer de références suffisamment communes pour guider les institutions, sans effacer les différences entre les systèmes nationaux. C’est précisément cette recherche d’un équilibre entre standards communs et réalités nationales qui avait été mise en avant lors du lancement des travaux.

Autre résolution importante : le renforcement des capacités des organes de gestion des élections. L’adoption des PEDAC ne constitue pas, dans l’approche défendue par le ROGEAC, une finalité en soi. Le président en exercice du Réseau, Denis Kadima Kazadi, avait souligné avant l’adoption la nécessité de poursuivre la diffusion des principes, la formation des institutions et le partage régulier des expériences. La mise en œuvre devient donc le prochain test de cette initiative régionale.

Le communiqué final inscrit aussi cette dynamique dans la consolidation du ROGEAC. Depuis sa création, le Réseau cherche à construire une coopération plus structurée entre les organes électoraux d’Afrique centrale. Son site officiel met notamment en avant l’harmonisation progressive des cadres électoraux, le développement des capacités institutionnelles et techniques ainsi que l’utilisation des nouvelles technologies pour renforcer la transparence et la confiance dans les élections.

Pour le ROGEAC, l’adoption des PEDAC doit également permettre de consolider une culture professionnelle commune. Les échanges entre les différentes administrations électorales peuvent faciliter la circulation des expériences et des solutions développées dans chaque pays. Le Réseau présente cette coopération comme un moyen d’améliorer la qualité des processus électoraux et de professionnaliser davantage les institutions chargées de les organiser.

Cette étape intervient alors que le ROGEAC poursuit sa structuration institutionnelle. Le Réseau a été créé en mai 2025 par les organes de gestion des élections des pays d’Afrique centrale. Il dispose aujourd’hui d’une Assemblée générale, d’un Comité exécutif et d’un Secrétariat permanent. Son ambition affichée est de faire de la coopération électorale régionale un outil durable, fondé sur l’échange d’expertise et les bonnes pratiques.

À Kinshasa, le ROGEAC a donc adopté plus qu’un simple document technique. Avec les PEDAC, l’Afrique centrale se dote d’un référentiel commun pour guider ses institutions électorales. Reste désormais l’étape la plus concrète : traduire ces principes dans les pratiques nationales, renforcer les capacités des organes concernés et maintenir la coopération entre eux. L’adoption du texte marque ainsi le début d’une nouvelle phase pour le ROGEAC : celle de sa mise en œuvre sur le terrain.

Benjamin Gile 

 

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