Le président Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé, dans son adresse à la nation, le lancement du processus du dialogue national en République démocratique du Congo. Le chef de l’État veut ouvrir des consultations avec les différentes composantes de la société congolaise afin de dégager un nouveau cadre pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.
« Je lance le processus du dialogue », a déclaré Félix Tshisekedi, donnant ainsi le coup d’envoi politique d’une démarche qui doit s’étendre sur trois mois. L’initiative ne sera pas limitée aux seuls responsables politiques. Elle prévoit des consultations dans toutes les provinces du pays afin d’associer les différentes couches et catégories de la population.
Un dialogue qui veut dépasser le seul cadre politique
Dans son discours, le président Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’un processus largement inclusif. Les consultations devraient donc concerner les acteurs politiques, mais aussi les représentants des différentes composantes de la société congolaise. L’objectif affiché est de recueillir les préoccupations et les propositions venues de l’ensemble du pays.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par les tensions politiques et sécuritaires qui fragilisent la cohésion nationale. Pour le chef de l’État, le dialogue doit permettre de rechercher des réponses communes aux crises que traverse la RDC, tout en posant les bases d’une nouvelle dynamique nationale.
Les groupes rebelles ne sont toutefois pas concernés par le processus politique annoncé. Félix Tshisekedi maintient ainsi une distinction entre le dialogue destiné aux forces politiques et sociales et la question des groupes armés qui ont choisi la voie des armes.
Décrispation, mais pas sans justice
Le président congolais s’est également prononcé en faveur d’une décrispation, mais celle-ci ne devra pas se faire au détriment de la justice. Ceux qui ont pris les armes sont appelés à passer par le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et réinsertion, dans le cadre du P-DDRCS.
Les exilés sont, eux aussi, invités à rentrer au pays. Cette ouverture s’inscrit dans la volonté affichée de réduire les tensions et de favoriser le retour des Congolais éloignés du pays. Mais le chef de l’État entend maintenir le principe selon lequel la recherche de la paix ne doit pas conduire à effacer les responsabilités liées aux violences.
Autre ligne rouge fixée par Félix Tshisekedi : les résultats de l’élection de 2023 ne seront pas remis en cause. Le dialogue national annoncé ne doit donc pas servir de cadre à une nouvelle contestation du scrutin présidentiel ou à une redistribution des équilibres issus de cette élection.
Le président a également rejeté l’idée d’un partage des postes ou des avantages entre acteurs politiques. Autrement dit, le dialogue ne doit pas se transformer en négociation autour d’un « partage du gâteau ». L’enjeu présenté par le chef de l’État est plutôt celui de la paix, de la cohésion et de la reconstruction du cadre institutionnel congolais.
Un Pacte national attendu au terme des consultations
Au terme des trois mois prévus, le processus doit déboucher sur un Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Ce document devrait constituer l’une des principales conclusions des consultations annoncées par le président de la République.
La prochaine étape est désormais institutionnelle. Dans les prochains jours, une ordonnance présidentielle devrait mettre en place un comité chargé d’organiser le processus du dialogue national. Sa mission sera notamment de définir les modalités pratiques des consultations et leur déroulement à travers les provinces.
Avec cette annonce, Félix Tshisekedi ouvre donc une nouvelle séquence politique en RDC. Reste désormais à voir comment le dialogue sera organisé, quels acteurs seront effectivement associés aux consultations et surtout quelles réponses concrètes sortiront de ces trois mois de discussions. Le pari du chef de l’État est clair : transformer le dialogue en un Pacte national capable de renforcer la paix, la cohésion et les fondations de l’État congolais.
Teddy Gile




