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ONU : Macky Sall revient au Sénégal pour décrocher un soutien décisif à sa candidature au poste de Secrétaire général

La course à la succession du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) entre progressivement dans une phase décisive. Dans cette perspective, l’ancien président sénégalais Macky Sall a choisi de poser un acte hautement symbolique en revenant à la source : son propre pays. Reçu par le président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien chef de l’État est venu présenter officiellement sa candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU et solliciter le soutien de Dakar. Une démarche qui illustre une réalité diplomatique incontournable : avant de convaincre le monde, il faut d’abord convaincre sa propre nation. Macky Sall ONU, candidature ONU et Sénégal figurent désormais parmi les dossiers diplomatiques les plus suivis en Afrique.

Le processus de sélection du futur Secrétaire général de l’ONU, lancé le 25 novembre 2025 à New York, ouvre une compétition où chaque détail compte. Conscient que la crédibilité d’un candidat repose d’abord sur l’unité de son pays derrière sa candidature, Macky Sall a tenu à informer personnellement le président Bassirou Diomaye Faye de l’évolution de son dossier. Cette visite n’avait rien d’un simple geste protocolaire : elle constitue la première étape d’une offensive diplomatique appelée à s’étendre progressivement aux autres capitales africaines, avant de gagner les grandes puissances influentes au sein des Nations Unies.

Au cours de cette audience, l’ancien président sénégalais a présenté l’état d’avancement de sa candidature tout en sollicitant officiellement le soutien de l’État sénégalais. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a écouté son prédécesseur avec courtoisie et a salué sa démarche. Selon la Présidence sénégalaise, Macky Sall s’est également engagé à tenir régulièrement informé le Président de la République de chaque évolution du processus de sélection.

Cette rencontre dépasse toutefois le simple cadre d’une candidature internationale. Elle envoie un signal fort sur la maturité des institutions sénégalaises. Dans un contexte où les alternances politiques sont parfois synonymes de ruptures profondes en Afrique, voir un ancien président solliciter le soutien du pouvoir en place illustre une certaine continuité de l’État. Le Sénégal affiche ainsi l’image d’une démocratie capable de distinguer les enjeux nationaux des rivalités politiques.

Sur le plan diplomatique, la candidature de Macky Sall présente plusieurs atouts. Ancien président durant douze années, ancien président en exercice de l’Union africaine et figure connue des grands rendez-vous internationaux, il dispose d’une expérience reconnue dans les domaines de la gouvernance, de la médiation et des négociations multilatérales. Son réseau de relations avec les dirigeants africains, européens, américains et asiatiques pourrait constituer un avantage dans une compétition où les équilibres géopolitiques jouent un rôle déterminant.

Mais cette expérience, aussi solide soit-elle, ne garantit pas automatiquement le succès. L’élection du Secrétaire général de l’ONU répond à un mécanisme complexe, dominé par les équilibres entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et le vote final de l’Assemblée générale. Chaque candidature est donc soumise à un intense travail diplomatique, où les soutiens régionaux doivent progressivement se transformer en consensus international.

La concurrence s’annonce d’ailleurs particulièrement relevée. Plusieurs personnalités issues de différentes régions du monde sont susceptibles de briguer ce poste prestigieux, chacune bénéficiant de réseaux diplomatiques et de soutiens spécifiques. Dans ce contexte, l’appui du Sénégal pourrait devenir le socle d’une campagne africaine plus large. Si Dakar apporte officiellement son soutien, Macky Sall pourra ensuite rechercher celui de l’Union africaine et espérer parler au nom d’un continent désireux de renforcer son influence dans la gouvernance mondiale.

L’enjeu dépasse la seule personne de Macky Sall. Depuis plusieurs années, de nombreuses voix plaident pour une représentation plus équilibrée des régions du monde à la tête des grandes institutions internationales. Une candidature africaine crédible pourrait ainsi relancer le débat sur la place du continent dans les instances décisionnelles mondiales, à un moment où l’Afrique revendique un rôle accru dans les affaires internationales.

Le déplacement de l’ancien président auprès de son successeur révèle enfin une stratégie diplomatique fondée sur la légitimité nationale. En venant d’abord chercher le soutien de son pays, Macky Sall montre que toute ambition internationale solide repose sur un ancrage national incontestable. Cette étape pourrait constituer le point de départ d’une vaste tournée diplomatique destinée à rallier progressivement les capitales africaines, puis les partenaires internationaux dont dépendra l’issue du scrutin.

Le chemin reste encore long avant la désignation du prochain Secrétaire général de l’ONU. Toutefois, en choisissant d’ouvrir sa campagne par une démarche institutionnelle auprès du président Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall envoie un message politique fort : les grandes ambitions internationales se construisent d’abord dans le respect des institutions nationales. Reste désormais à savoir si ce premier soutien attendu au Sénégal se transformera en une dynamique continentale capable de porter sa candidature jusqu’au sommet des Nations Unies.

Teddy Gile 

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