La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays. L’annonce officielle a été faite samedi à Kinshasa par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, lors d’un point de presse consacré à l’évolution de la situation sanitaire. Cette résurgence intervient quelques mois après l’épidémie enregistrée à Bulape, dans la province du Kasaï, confirmant une nouvelle fois la vulnérabilité du pays face aux maladies épidémiques.
Selon le ministre, les premiers cas avaient déjà été signalés depuis le début du mois à travers plusieurs alertes relayées dans les communautés et sur les réseaux sociaux. Les investigations menées par les équipes sanitaires ont permis de confirmer la présence du virus Ebola après des analyses effectuées à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Les résultats ont identifié la souche Bundibugyo, également appelée « Kinshasa Bundibugyo », déjà détectée à Isiro en 2012.
Samuel Roger Kamba a précisé que les échantillons analysés se sont révélés négatifs à la souche Zaïre, souvent associée aux précédentes épidémies meurtrières en RDC. Cette nouvelle souche présente cependant un risque élevé de propagation, notamment en raison de la forte mobilité des populations dans les zones affectées. Trois zones de santé sont actuellement concernées par l’épidémie : Mungwalu, Rwampara et Bunia.
Les chiffres communiqués par les autorités sanitaires témoignent de la gravité de la situation. À ce stade, 246 cas suspects ont été recensés dans la communauté, tandis que 80 décès ont déjà été enregistrés. Ces statistiques suscitent une vive inquiétude au sein de l’opinion publique, alors que les autorités multiplient les efforts pour contenir rapidement la propagation de la maladie.
Le ministre de la Santé a insisté sur le caractère hautement contagieux de cette maladie virale. « Il s’agit d’une maladie qui entraîne une contamination interhumaine », a rappelé Samuel Roger Kamba. Il a particulièrement attiré l’attention sur la zone de santé de Mungwalu, connue pour son intense activité commerciale et les mouvements fréquents de populations. Cette situation expose directement plusieurs provinces voisines, notamment le Nord-Kivu et la Tshopo, ainsi que des pays frontaliers comme l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Face à ce risque régional, le gouvernement congolais affirme avoir immédiatement activé son dispositif de riposte. Les équipes sanitaires sont déjà déployées sur le terrain avec l’appui des partenaires nationaux et internationaux afin d’identifier tous les contacts des cas confirmés. L’objectif est de casser rapidement les chaînes de transmission avant que l’épidémie ne s’étende davantage dans la province de l’Ituri et au-delà.
Le ministre de la Santé a également tenu à sensibiliser la population sur les symptômes spécifiques liés à cette souche Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, les signes hémorragiques apparaissent plus tardivement. La maladie débute principalement par une forte fièvre, accompagnée de vomissements et d’une fatigue intense avant l’apparition éventuelle des hémorragies. Les autorités sanitaires encouragent ainsi toute personne présentant ces symptômes à se signaler rapidement auprès des structures médicales.
Dans son intervention, Samuel Roger Kamba a voulu rassurer l’opinion nationale sur la capacité de la RDC à gérer cette nouvelle crise sanitaire. Il a rappelé que le pays en est à sa 17e épidémie d’Ebola et qu’il dispose désormais d’une solide expérience en matière de riposte. « La RDC est prête et dispose de capacités, de compétences et de moyens pour faire face à l’épidémie », a-t-il affirmé, malgré l’absence actuelle de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche Bundibugyo.
Parmi les principales mesures déjà prises figurent le renforcement de la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, la mobilisation des équipes médicales, l’appui des partenaires techniques et financiers ainsi que le déploiement des campagnes de sensibilisation communautaire. Les autorités ont également renforcé les mécanismes de contrôle sanitaire dans les zones à forte mobilité afin de limiter les risques de propagation vers les provinces voisines et les pays frontaliers.
Le gouvernement appelle enfin la population à observer strictement les mesures de prévention pour éviter une aggravation de la situation. Les autorités recommandent notamment de signaler rapidement tout cas suspect, de se laver régulièrement les mains, d’éviter les rites funéraires à risque, tout contact avec des personnes présentant des symptômes suspects, ainsi que la manipulation d’animaux morts. Il est également conseillé de bien cuire les aliments, particulièrement la viande. À travers ces messages, les autorités espèrent renforcer la vigilance collective et contenir au plus vite cette nouvelle épidémie d’Ebola en Ituri.
Teddy Gile




