Le groupe paramilitaire russe Wagner, acteur clé de la stratégie sécuritaire malienne depuis le départ des forces françaises, a officiellement annoncé son retrait progressif du Mali. Une décision surprise qui intervient dans un contexte régional déjà fragile, où la menace jihadiste reste omniprésente et les perspectives sécuritaires incertaines.
Déployé depuis 2021, Wagner avait pour mission d’appuyer l’armée malienne dans la lutte contre les groupes terroristes sévissant dans le nord et le centre du pays. Si certaines autorités ont salué l’engagement du groupe, vantant une reconquête partielle de territoires jadis contrôlés par les djihadistes, d’autres estiment que son passage a laissé un goût amer, entre accusations de violations des droits humains et communication opaque.
Sur le terrain, le bilan reste contrasté : quelques victoires militaires, mais aussi des exactions documentées par des ONG, des tensions avec les populations civiles, et une dépendance accrue du Mali à des partenaires non conventionnels. Wagner s’en va, mais la poussière qu’il soulève laisse place à un vide sécuritaire inquiétant, dans un pays où l’État peine encore à rétablir son autorité.
Le départ du groupe russe pourrait remettre en question l’équilibre fragile obtenu par la junte au pouvoir, qui avait fait de cette collaboration un pilier de sa stratégie de légitimation interne et externe. Les forces maliennes, désormais seules en première ligne, devront redoubler d’efforts pour contenir les groupes armés qui guettent toute faille pour regagner du terrain.
Ce retrait risque aussi de rebattre les cartes géopolitiques au Sahel, avec une Russie désormais plus discrète et un Occident encore frileux à revenir sur une scène d’où il s’est retiré avec fracas. Le Mali entre dans une nouvelle phase d’incertitude, où le silence des armes pourrait une fois de plus n’être qu’une courte illusion.
Teddy Gile




