Au Togo, la tension politique ne faiblit pas à l’approche des élections municipales prévues le 17 juillet. Dans une décision rendue publique le 4 juillet, le tribunal de grande instance de Lomé a condamné 19 des 31 personnes arrêtées lors des manifestations des 26, 27 et 28 juin à 12 mois de prison, dont 11 avec sursis, pour « troubles aggravés à l’ordre public ». Une décision qui suscite de vives réactions au sein de l’opposition et de la société civile.
Ces condamnations s’inscrivent dans un climat sécuritaire tendu. Le parquet de Lomé a annoncé l’ouverture d’une enquête après la découverte macabre de cinq corps repêchés dans différents cours d’eau de la capitale. Le lien entre ces décès et les récentes manifestations n’a pas été établi, mais les soupçons et l’indignation grandissent au sein de la population.
Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, un nouvel appel à manifester a été lancé pour les 16 et 17 juillet, soit la veille et le jour même des élections municipales. Cette mobilisation numérique illustre le désespoir croissant de certains Togolais face à un processus électoral jugé biaisé ou précipité.
Plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile réclament le report du scrutin. Ils dénoncent un climat d’insécurité, l’absence de garanties pour des élections transparentes, et la répression des voix dissidentes, comme en témoignent les récentes arrestations et condamnations.
Les autorités, de leur côté, assurent vouloir maintenir l’ordre et garantir le bon déroulement du processus électoral. Le gouvernement n’a pour l’instant pas réagi aux appels au report ni à la vague d’indignation suscitée par les morts encore inexpliquées.
La communauté internationale observe la situation avec prudence, alors que le Togo tente de maintenir une façade de stabilité institutionnelle dans un contexte sous haute tension. Les jours à venir seront cruciaux pour savoir si la contestation prendra de l’ampleur ou si le pouvoir en place réussira à contenir l’agitation.
L’avenir politique immédiat du Togo semble suspendu à ces prochaines échéances : une élection contestée, une opposition déterminée, et une jeunesse mobilisée, désormais à la fois dans la rue et sur les réseaux sociaux.
Teddy Gile




