Le gouvernement de la République démocratique du Congo a réalisé une performance notable sur le marché financier local en levant 60,5 millions de dollars américains , au 29 juillet 2025, à travers l’émission d’ Obligations du Trésor en devises , selon une note de conjoncture de la Banque centrale du Congo (BCC) consultée par Essentielinfo.net. Une levée bien au-delà des attentes, car le montant initial annoncé était de 40 millions USD, soit un taux de couverture de 151,25 % , signe d’un fort appétit des investisseurs.
Ces obligations, indexées en dollars américains, sont d’une maturité d’un an et six mois, assorties d’un taux d’intérêt de 9 %. Ce rendement attractif, couplé à la stabilité relative du marché congolais, explique l’engouement autour de cette émission. C’est également un moyen pour l’État de diversifier ses sources de financement sans trop dépendre de l’extérieur.
La sursouscription observée témoigne d’un regain de confiance des acteurs économiques envers la gestion financière actuelle et la capacité de l’État à honorer ses engagements. Pour la RDC, il s’agit non seulement d’un levier de financement budgétaire, mais aussi d’un outil stratégique pour mobiliser l’épargne locale et renforcer la liquidité du marché obligataire interne.
L’introduction d’obligations indexées en devises (USD) sur le marché local permet par ailleurs de réduire la pression sur les réserves de change et d’offrir aux investisseurs un produit plus stable face à la volatilité du franc congolais.
En termes macroéconomiques, cette opération s’inscrit dans la dynamique de consolidation budgétaire, tout en préservant un certain équilibre entre financement interne et stabilité des indicateurs monétaires.
Avec ce succès, le gouvernement pourrait être tenté de recourir plus fréquemment à ce type d’instrument, d’autant plus que la demande est bien au rendez-vous. Reste à suivre l’évolution de la dette intérieure et la capacité de l’État à respecter l’échéance de remboursement de ces titres dans un contexte de pressions sociales et économiques croissantes.
Teddy Gile




