À Kinshasa, la riposte s’organise face aux propos jugés dégradants visant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Ce lundi 27 avril 2026, des centaines de femmes ont élevé la voix pour dénoncer publiquement ce qu’elles considèrent comme une dérive inquiétante du discours public.
Réunies sous la bannière de la Marche mondiale des femmes, elles ont remis un mémorandum au ministre de la Justice. Leur objectif est clair : obtenir des poursuites judiciaires contre les auteurs de propos jugés insultants et à caractère sexiste, diffusés massivement sur les réseaux sociaux.
Au cœur de la controverse, des vidéos virales mettant en cause un individu se présentant sous le pseudonyme de « Dinosaure ». Ce dernier, selon les manifestantes, se revendique proche du pouvoir sans disposer d’aucune légitimité officielle, tout en tenant des propos attentatoires à la dignité de la cheffe du gouvernement.
Pour les initiatrices de la démarche, cette situation dépasse le simple cadre d’une polémique en ligne. Elles dénoncent un climat d’impunité qui favoriserait la propagation de discours haineux et dégradants, en particulier à l’égard des femmes occupant des fonctions publiques.
La coordinatrice nationale du mouvement, Thérèse Kulungu, a porté la voix des manifestantes. Elle a insisté sur la nécessité d’une réponse judiciaire ferme, soulignant qu’une plainte a déjà été engagée afin que les faits soient examinés dans toute leur gravité.
Face à cette pression citoyenne, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a pris des engagements. Il a assuré que les auteurs de propos injurieux seraient identifiés et traduits en justice, rappelant que la loi protège la dignité de chaque citoyen, quel que soit son statut.
Le ministre a également tenu à préciser que la liberté d’expression, bien que fondamentale, ne saurait servir de couverture à des attaques portant atteinte à l’honneur ou à la sécurité. Il a évoqué des démarches judiciaires déjà en cours, y compris avec des expertises pouvant s’étendre au niveau international.
À l’issue de leur rencontre, les manifestantes ont maintenu la pression. Elles ont réaffirmé leur détermination à défendre le respect et la dignité des femmes, avertissant que l’inaction pourrait entraîner une mobilisation encore plus large à travers le pays.
Cette montée de tension intervient après une intervention médiatique de la Première ministre sur TV5 Monde, le 19 avril dernier. Depuis, l’affaire a pris une ampleur nationale, révélant les enjeux sensibles liés au respect, au genre et à la responsabilité dans l’espace public congolais.
Teddy Gile




