Coup de tonnerre à l’Office Congolais de Contrôle (OCC). Son Directeur général, Étienne Tshimanga, a été suspendu à titre conservatoire par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. Une décision d’urgence qui secoue cette institution stratégique chargée notamment du contrôle des importations et des exportations en République démocratique du Congo.
Au cœur des griefs : des fautes lourdes de gestion, dont l’installation présumée d’un système informatique parallèle destiné au contrôle des flux d’import-export. Ce dispositif aurait facilité l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV), entraînant un manque à gagner évalué à des milliers de dollars américains pour le Trésor public. Une accusation grave dans un secteur où la transparence est essentielle pour la mobilisation des recettes de l’État.
Les autorités reprochent également au DG suspendu une gestion qualifiée de chaotique des ressources humaines et financières. Des dysfonctionnements internes auraient fragilisé la crédibilité de l’Office et alimenté des tensions au sein du personnel. À cela s’ajoute un chef d’accusation d’insubordination, laissant entendre un climat de rupture entre la direction générale et la tutelle ministérielle.
Pendant la durée de la suspension, l’intérim sera assuré par la Directrice générale adjointe, Christelle Mwabilu. Sa mission s’annonce délicate : stabiliser l’institution, rassurer les partenaires économiques et garantir la continuité des services, dans un contexte où chaque blocage peut impacter les échanges commerciaux du pays.
Au-delà du cas individuel d’Étienne Tshimanga, cette décision ouvre la voie à des mesures administratives et extra-administratives contre les agents et cadres de l’OCC soupçonnés de complicité. Le ministère entend visiblement élargir les investigations pour démanteler tout éventuel réseau impliqué dans les faits dénoncés.
Cette suspension intervient dans un contexte où le gouvernement affiche une volonté de renforcer la gouvernance et la traçabilité des recettes publiques. L’OCC, en tant que maillon clé du contrôle qualité et de la régulation des échanges, joue un rôle central dans la sécurisation des revenus liés au commerce extérieur.
Reste désormais à savoir quelles seront les conclusions des enquêtes annoncées et si cette affaire débouchera sur des poursuites judiciaires. En attendant, ce dossier met une nouvelle fois en lumière les défis de la gouvernance publique en RDC et l’exigence croissante de redevabilité au sommet des entreprises et établissements publics.
Teddy Gile




