Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, ce vendredi soir, à l’unanimité, la résolution renouvelant le mandat de la MONUSCO pour une durée d’un an, jusqu’au 20 décembre 2026. Ce nouveau renouvellement intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’est de la République démocratique du Congo, où les attentes de la population sur l’efficacité réelle de la mission onusienne restent élevées.
Ce prolongement d’un an traduit une volonté diplomatique de maintenir une présence internationale face aux multiples crises sécuritaires. Mais il interroge aussi sur la cohérence entre les promesses de retrait progressif de la MONUSCO et les réalités du terrain. Si l’ONU s’est dite engagée dans une sortie responsable, les récentes résurgences des violences, notamment dans le Nord-Kivu et l’Ituri, rendent toute précipitation risquée.
Le défi principal demeure la restauration de l’autorité de l’État dans les zones longtemps abandonnées aux groupes armés. La MONUSCO, censée appuyer les forces de défense congolaises, est souvent critiquée pour son manque d’efficacité dans la protection des civils. Ce nouveau mandat sera donc jugé à l’aune de ses actions concrètes sur le terrain, notamment en matière de sécurité humaine, de stabilisation et de renforcement institutionnel.
Autre enjeu crucial : la coordination entre la MONUSCO et les institutions congolaises. Si des efforts ont été entrepris pour améliorer cette coopération, les tensions récurrentes entre les autorités congolaises et certains représentants onusiens montrent que la confiance reste fragile. Le succès de cette mission dépendra donc aussi de la capacité des deux parties à redéfinir une collaboration mutuellement respectueuse et pragmatique.
À cela s’ajoute la question sensible du calendrier de retrait. Prévu initialement pour commencer fin 2024, le départ progressif de la MONUSCO avait été conditionné à une amélioration du contexte sécuritaire. En reconduisant le mandat jusqu’en 2026, l’ONU semble admettre que les conditions ne sont pas encore réunies. Cela soulève la crainte d’une dépendance prolongée à une force étrangère en lieu et place d’une montée en puissance des FARDC.
Sur le plan diplomatique, ce renouvellement est aussi un signal lancé aux partenaires internationaux : la RDC reste une priorité stratégique pour la stabilité régionale. Face à la porosité des frontières, aux tensions régionales et aux flux de déplacés internes, la MONUSCO demeure un acteur clé dans la gestion humanitaire et la prévention des conflits à grande échelle.
Ce nouveau mandat sera donc décisif. Il ne pourra être jugé que sur des résultats visibles : recul tangible de l’insécurité, réinstallation de l’autorité de l’État, apaisement de la population. Dans un pays où les frustrations à l’égard de la présence onusienne sont palpables, la MONUSCO joue sa crédibilité dans ce qui pourrait être l’un de ses derniers cycles opérationnels sur le sol congolais.
Teddy Gile




