À Mitendi, la menace d’une érosion massive pèse sur le pylône P8 de la ligne haute tension Inga–Kimwenza, situé dans la commune Mont-Ngafula. Ce pylône est crucial, car il alimente en électricité une large partie de Kinshasa. Les autorités ont tiré la sonnette d’alarme face à cette situation préoccupante.
Sous l’impulsion du ministre des Infrastructures, John Banza Lunda, une réunion d’urgence s’est tenue dimanche dernier avec la SNEL et l’Office des routes pour décider des mesures à prendre. L’objectif: démarrer rapidement des travaux de lutte antiérosive pour sauver l’infrastructure.
Sur le terrain, le constat est sans appel. Des parcelles ont été vendues illégalement et des constructions anarchiques ont surgi à proximité immédiate du pylône, alors que la zone est censée être protégée. Le sol limoneux fragilise d’autant plus la stabilité du site.
Un chef de quartier a exprimé son inquiétude: malgré des alertes répétées, certains habitants persistent à s’installer dans cette zone dangereuse, accroissant ainsi le risque d’effondrement du pylône, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la population locale.
Face à cette situation, l’Hôtel de ville de Kinshasa a reçu instruction d’entamer en urgence des procédures d’expropriation pour libérer le terrain. Le chantier pour stabiliser le site doit officiellement débuter le 2 octobre 2025.
Le chef de poste SNEL à Mitendi, Mbala Londowe Serge, a détaillé les règles en vigueur: aucune construction n’est autorisée à moins de 25 mètres de part et d’autre du pylône, soit une zone de sécurité totale de 50 mètres. Ignorer cette norme expose non seulement les installations à des risques, mais aussi les habitants aux dangers liés au champ magnétique.
La ligne haute tension Inga–Kimwenza, même exploitée à 220 kV au lieu de 400 kV, reste essentielle pour l’alimentation électrique de Kinshasa. Sa chute plongerait des millions de personnes dans le noir, une perspective alarmante que les autorités veulent éviter à tout prix.
Dès ce lundi, la firme chinoise SCI a commencé à aménager le terrain avec des dispositifs pour freiner l’érosion, notamment en installant des bacs à sable dans les ravins. Cette intervention s’inscrit dans la volonté présidentielle et gouvernementale de protéger les infrastructures stratégiques du pays.
Teddy Gile




