Éditorial
C’est un scénario que même Netflix n’aurait pas osé écrire : Constant Mutamba, le ministre de la Justice, traqué par… la justice. Oui, vous avez bien lu. Le même homme qui promettait une « tolérance zéro » contre la corruption, se retrouve aujourd’hui en train de chercher une issue dans un couloir judiciaire qu’il connaît pourtant très bien – mais en général, de l’autre côté de la barre.
Accusé de détournement de fonds publics, Mutamba est aujourd’hui livré par l’Assemblée nationale aux juges, comme un colis express de la bonne gouvernance. Ironie du sort ou divine rétribution ? Ce justicier flamboyant, qui dégainait les dossiers comme un shérif en plein Far West politique, doit maintenant répondre aux appels du procureur. Et pas au téléphone, non.
Ce n’est plus « la rigueur de la loi », mais « la loi de la rigueur ». Certains dans les couloirs du pouvoir sourient à demi-mots : « Il voulait nettoyer la maison justice, il commence par lui-même ». D’autres évoquent un coup monté, une cabale, voire une purge à la congolaise. Peu importe, le public observe.
Nouveau réquisitoire!
S’il existait un prix pour la persévérance judiciaire façon bulldozer, Firmin Mvonde l’aurait déjà encadré dans son bureau.
24 heures seulement après avoir obtenu l’autorisation en fanfare de l’Assemblée nationale pour poursuivre le ministre Constant Mutamba pour détournement, voilà qu’il revient à la charge… avec un nouveau réquisitoire ! Cette fois, pour outrage à la magistrature. Un vrai marathon judiciaire, édition spéciale “un ministre par étape”.
Le message est clair : “Tu pensais que c’était fini ? Surprise !” Mvonde n’en a pas assez de poursuivre Mutamba, il veut en finir avec lui, l’achever à la régulière, comme dans un film d’action… produit par la République.
Et pendant ce temps, Mutamba, le monsieur intouchable, l’homme de la moralisation, le gardien autoproclamé des institutions, découvre le goût amer du retour de flamme judiciaire. Lui qui parlait naguère d’assainir les magistrats, le voilà en train de se battre contre l’un d’eux. Et pas le moindre : le chef du parquet près la Cour de cassation !
Faut-il y voir une affaire de principe ? De justice ? Ou simplement une belle revanche bien mijotée, servie froide, avec un petit goût de règlement de compte ? En RDC, la frontière entre droit et politique est aussi fine qu’une feuille de réquisitoire.
Ce feuilleton pourrait bien s’intituler “Mutamba, traqué par la justice qu’il voulait dompter”. Mais le public n’est plus dupe. Il sait que dans ce jeu, la justice n’est parfois que la scène… et les vrais rôles, bien cachés dans les coulisses du pouvoir.
Comme Icare, Mutamba a volé trop haut, trop près du soleil… et s’est brûlé les ailes…
Aujourd’hui, c’est le système qui le rattrape. Il découvre rapidement que voler trop haut sans prudence, ça se paie cher… même en politique. Comment va-t-il s’en sortir ? Affaire à suivre, popcorn à la main. Et attention : nouveau rebondissement chaque semaine !
Teddy Gile




