Depuis quelques semaines, la chefferie de Kakwa, située dans le territoire d’Aru en province de l’Ituri, fait face à une vague massive d’arrivées de réfugiés en provenance du Soudan du Sud. Environ 30 000 personnes ont traversé la frontière pour fuir les combats qui déchirent leur pays. Leur arrivée soudaine, bien que compréhensible sur le plan humanitaire, soulève d’énormes défis logistiques, sanitaires et sécuritaires dans une zone déjà fragile.
Ces réfugiés, en majorité des femmes, enfants et personnes âgées, vivent dans des conditions très précaires. Sans abris adéquats, sans accès régulier à l’eau potable ou à des soins médicaux, ils survivent grâce à la solidarité communautaire, avec un soutien quasi inexistant des organisations humanitaires. Une situation qui pourrait rapidement dégénérer en crise humanitaire.
Les autorités locales tirent la sonnette d’alarme. Elles déplorent le manque de réponse urgente de la part des institutions nationales et des partenaires internationaux. « Nous faisons face à une situation qui dépasse nos moyens. Si rien n’est fait, nous risquons des épidémies, des conflits communautaires et une instabilité prolongée dans la région », a confié à essentielinfo.net un responsable administratif local.
Le territoire d’Aru n’a pas les infrastructures nécessaires pour accueillir un tel afflux de population. Les écoles et centres de santé sont débordés, les denrées alimentaires se raréfient, et l’insécurité grandit, notamment en raison des tensions foncières et du partage de ressources. La promiscuité et le manque de perspectives rendent la cohabitation délicate avec les communautés hôtes.
Du côté des réfugiés, la peur est toujours vive. Beaucoup racontent les violences, les pillages et les massacres subis avant de fuir. Ils espèrent une assistance urgente mais aussi une médiation pour un retour rapide à la paix au Soudan du Sud. En attendant, ils appellent à la reconnaissance de leur statut et à un encadrement plus humain.
Cette situation met également en lumière la vulnérabilité frontalière de l’Ituri, une province qui peine déjà à se relever de ses propres crises sécuritaires internes. La pression exercée par cette nouvelle urgence risque de compromettre les efforts de stabilisation en cours dans la région.
Un appel est lancé au gouvernement congolais, à l’ONU et aux ONG : une mobilisation rapide est indispensable pour éviter le pire. Le drame qui se joue à Aru ne doit pas être ignoré.




