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Kinshasa : Grève des employés des magasins chinois pour exiger le respect du SMIG

Ce lundi 21 juillet 2025, une grève inédite a éclaté dans plusieurs magasins de Kinshasa appartenant à des ressortissants chinois. Les employés congolais, massivement mobilisés, dénoncent le non-respect du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et réclament de meilleures conditions de travail.

Selon les témoignages recueillis sur place, la majorité des grévistes affirment percevoir des salaires largement inférieurs aux 168 000 francs congolais mensuels fixés par la législation en vigueur. Certains parlent de montants oscillant entre 80 000 et 100 000 FC, malgré des horaires de travail allant souvent au-delà de 10 heures par jour, sans assurance ni protection sociale.

« Nous travaillons comme des esclaves modernes. Aucun jour de repos, aucune couverture, et nos salaires ne permettent même pas de nourrir nos familles », déclare l’un des manifestants, visiblement exaspéré. Devant plusieurs magasins, des banderoles ont été déployées pour réclamer la justice salariale et le respect de la dignité des travailleurs congolais.

Cette situation soulève également des interrogations sur les mécanismes de contrôle de l’Inspection du travail. De nombreux Congolais s’interrogent : comment de telles violations du droit du travail peuvent-elles perdurer sans intervention des autorités compétentes ?

Des syndicats locaux, informés du mouvement, ont exprimé leur soutien aux employés grévistes et exigent l’ouverture urgente d’un dialogue entre les employeurs chinois, les autorités congolaises et les représentants des travailleurs.

Du côté des responsables des magasins concernés, peu de réactions ont filtré. Certains auraient fermé temporairement leurs portes, redoutant une généralisation du mouvement à d’autres zones commerciales de la capitale.

Cette grève pourrait marquer un tournant dans la lutte des employés du secteur informel et semi-formel pour des conditions de travail plus humaines et le respect strict du SMIG. Reste à voir si le gouvernement prendra des mesures concrètes pour faire respecter les droits des travailleurs congolais face à des partenaires économiques souvent accusés d’abus.

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