La Première ministre Judith Suminwa vient de trancher : désormais, seuls trois canaux officiels sont autorisés à s’exprimer publiquement sur les accords de paix en cours. Il s’agit de la ministre des Affaires étrangères, du porte-parole du Gouvernement et de la Cellule de communication de la Présidence. Une décision qui marque une volonté claire de contrôler les discours autour de ces dossiers sensibles.
Cette mesure survient dans un contexte diplomatique tendu, alors que la RDC vient de signer un accord historique de paix sous la médiation des États-Unis. Les tractations avec les parties impliquées, notamment le Rwanda, sont encore en cours, et tout dérapage communicationnel pourrait mettre en péril les avancées réalisées jusque-là.
Judith Suminwa semble ainsi vouloir éviter toute cacophonie au sein du Gouvernement. Ces derniers jours, plusieurs prises de parole non coordonnées ont semé la confusion, entre fuites, interprétations hasardeuses et commentaires non autorisés. Un verrouillage s’imposait pour protéger la ligne officielle de l’exécutif.
En confiant la communication à des figures précises, la Première ministre cherche à garantir la cohérence et la crédibilité du discours gouvernemental sur la scène nationale et internationale. La ministre des Affaires étrangères, notamment, joue un rôle diplomatique central dans le suivi des engagements, tandis que le porte-parole et la Présidence assurent le relais institutionnel.
Cette décision est aussi un signal fort envoyé aux membres du Gouvernement et aux cadres politiques : les sujets de paix et de sécurité nationale ne doivent plus faire l’objet de déclarations improvisées ou partisanes. Tout faux-pas pourrait non seulement décrédibiliser la RDC, mais aussi raviver les tensions déjà fragiles.
Si certains y voient un excès de centralisation, d’autres saluent une approche pragmatique face à des enjeux aussi délicats. Les négociations de paix touchent des intérêts vitaux et impliquent des partenaires internationaux, d’où la nécessité de maîtriser chaque mot.
Ce recentrage communicationnel intervient alors que l’opinion publique attend des résultats concrets. Judith Suminwa joue ici une carte stratégique : celle de la rigueur, pour que la paix ne soit pas qu’un slogan, mais une construction méthodique et bien encadrée.
Teddy Gile




