L’Inspection générale des finances (IGF) veut changer de dimension. À travers son Plan stratégique 2026-2028 présenté ce jeudi 23 juillet 2026 au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’institution affiche une ambition claire : faire évoluer le contrôle des finances publiques vers un modèle plus moderne, plus intelligent et davantage tourné vers la prévention. Cette feuille de route ouvre une nouvelle perspective pour la gouvernance financière en République démocratique du Congo.
Conduite par son Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, accompagné de son adjoint Emmanuel Tshibingu, la délégation de l’IGF a profité de cette première audience avec le Chef de l’État depuis sa prise de fonctions en mai 2025 pour présenter l’état des lieux de l’institution ainsi que les principales orientations du Plan stratégique élaboré pour les trois prochaines années.
La réforme portée par la nouvelle équipe dirigeante repose sur une conviction forte : les méthodes classiques de contrôle ne suffisent plus face à la complexité croissante des mouvements financiers. L’IGF propose ainsi d’abandonner progressivement les contrôles essentiellement manuels et ponctuels au profit d’un système numérique capable d’assurer une surveillance continue des flux financiers dans les administrations et établissements publics.
Cette transition vers la digitalisation constitue l’un des piliers du Plan stratégique 2026-2028. En s’appuyant sur les technologies numériques et l’exploitation des données, l’Inspection générale des finances entend renforcer sa capacité de détection des anomalies, améliorer la traçabilité des opérations financières et intervenir avec davantage de rapidité et de précision lorsque des irrégularités sont identifiées.
Au-delà des outils technologiques, l’IGF souhaite également redéfinir son rôle au sein de l’État. Comme l’a expliqué Christophe Bitasimwa Bahii, la nouvelle vision consiste à faire de l’institution un véritable organe d’intelligence au service de la transformation de la gouvernance publique. Une approche qui privilégie l’anticipation des risques plutôt que la seule constatation des fautes après leur survenance.
Si cette stratégie est mise en œuvre conformément aux objectifs fixés, ses retombées pourraient être significatives. Une surveillance permanente des flux financiers favoriserait une meilleure sécurisation des ressources publiques, renforcerait la transparence dans la gestion des deniers de l’État et contribuerait à instaurer une culture de responsabilité au sein des services publics.
Cette évolution pourrait également améliorer la qualité de la décision publique. Grâce à une analyse plus fine des données financières, les autorités disposeraient d’informations plus fiables pour orienter les politiques publiques, optimiser les dépenses de l’État et prévenir plus efficacement les risques de mauvaise gestion. L’IGF ne serait plus uniquement un organe de contrôle, mais aussi un véritable partenaire de la performance publique.
À l’issue de cette présentation, le Président Félix Tshisekedi a exprimé son soutien total à cette vision portée par les nouveaux dirigeants de l’Inspection générale des finances. Le Chef de l’État a assuré Christophe Bitasimwa Bahii de son engagement à accompagner la mise en œuvre du Plan stratégique 2026-2028, convaincu de son importance pour la modernisation de la gouvernance financière du pays.
En misant sur la digitalisation, l’intelligence financière et une surveillance permanente des ressources publiques, l’Inspection générale des finances affiche sa volonté de s’adapter aux exigences d’une administration moderne. Ce Plan stratégique 2026-2028 pourrait ainsi devenir un levier majeur pour consolider la bonne gouvernance, renforcer la confiance dans les institutions publiques et améliorer durablement la gestion des finances de l’État en République démocratique du Congo.
Teddy Gile




