La province du Sud-Ubangi, déjà confrontée à d’importants défis socio-économiques, semble s’enliser dans une nouvelle impasse politique au sommet de son Assemblée provinciale. Le conflit ouvert entre deux camps rivaux ravive une crise institutionnelle latente, au moment même où la province espérait enfin renouer avec la stabilité et engager son décollage dans le cadre de la décentralisation.
Au cœur de la polémique, une guerre de légitimité opposant le président contesté de l’Assemblée, Martinien NGANDAKWE, et son successeur désigné par une frange de députés, Malachie ADUGBIA. Le groupe G19, majoritaire au sein de l’hémicycle, affirme que NGANDAKWE avait bel et bien démissionné en mars 2025, ouvrant ainsi la voie à l’élection d’un nouveau président. Une affirmation que soutient fermement le vice-président Papy MALUMBA, fidèle au G19.
Mais de retour de Kinshasa, Martinien NGANDAKWE a relancé la discorde en niant toute démission. Devant des militants du MLC/AREP, il a déclaré qu’il n’a jamais quitté son poste et que sa participation aux activités politiques à Kolwezi, à l’invitation de Jean-Pierre Bemba, confirme qu’il est toujours considéré comme président légitime de l’Assemblée provinciale.
Ce blocage institutionnel n’est pas sans conséquence sur la gouvernance de la province. Alors que le Sud-Ubangi devrait bénéficier pleinement des effets de la décentralisation engagée en RDC, l’instabilité politique empêche la mise en œuvre de réformes structurantes et la gestion efficace des ressources. Les projets de développement sont ralentis, les investissements reportés, et les populations en paient le prix fort.
Plus encore, ce climat de division empêche une représentation cohérente de la province au niveau national. Les querelles internes éclipsent les véritables enjeux de développement, à l’heure où les défis en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures et d’accès à l’eau potable exigent une mobilisation unanime des institutions provinciales.
Pour les observateurs, cette crise traduit l’échec de la maturité politique locale et la faiblesse des mécanismes de règlement des différends. Il est urgent qu’un arbitrage institutionnel soit envisagé, soit au niveau de la Cour constitutionnelle, soit par une médiation politique, pour restaurer la sérénité et permettre à l’Assemblée provinciale de jouer pleinement son rôle.
En attendant, le Sud-Ubangi continue de perdre un temps précieux. Et chaque jour de blocage institutionnel repousse davantage l’horizon du développement tant attendu par ses populations.
De notre correspondant Fiston Ngala Alexandre depuis Gemena/Sud-Ubangi




