À quelques mois d’une élection présidentielle à forts enjeux en Côte d’Ivoire, la tension politique monte d’un cran. Lundi, le procureur de la République a annoncé la condamnation à 36 mois de prison ferme et à une amende de 5 millions de francs CFA (environ 7.622 euros) de Tokpa Flan Japhet, un infirmier de 43 ans, pour un message jugé outrageant à l’égard du président Alassane Ouattara.
Dans une publication Facebook devenue virale, l’infirmier a écrit que « si la mère du président avait avorté, elle aurait sauvé l’Afrique », provoquant un tollé immédiat. Malgré sa demande de pardon lors du procès, le tribunal a estimé que les propos tenaient de l’injure grave envers le chef de l’État et a opté pour une peine exemplaire.
Cette condamnation survient dans un contexte politique tendu où les libertés d’expression sont scrutées de près. Plusieurs voix critiques sont inquiétées, voire réprimées, alors que le président Ouattara n’a pas encore clarifié s’il briguera un quatrième mandat.
L’affaire Tokpa soulève des débats houleux sur les limites de la liberté d’expression et le traitement réservé aux opposants ou simples citoyens exprimant leur opinion sur la gouvernance actuelle.
De nombreux internautes, défenseurs des droits humains et opposants politiques dénoncent une dérive autoritaire, accusant le pouvoir de museler la parole critique à l’approche du scrutin.
Pour d’autres, les propos de l’infirmier dépassaient les bornes et nécessitaient une sanction, dans un souci de respect des institutions.
Quoi qu’il en soit, cette affaire pourrait avoir un impact symbolique fort sur la campagne à venir.




