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Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra officialise sa candidature à la présidentielle de 2025

Le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a mis fin au suspense politique en annonçant officiellement, ce samedi 27 juillet, sa candidature à l’élection présidentielle prévue en 2025. Âgé de 68 ans, l’actuel chef de l’État briguera un nouveau mandat à la tête du pays qu’il dirige depuis 2016.

Cette déclaration est intervenue lors d’un rassemblement du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti présidentiel, tenu à Bangui. Face à une foule de militants enthousiastes, Touadéra a justifié sa décision par sa volonté de « poursuivre l’œuvre de reconstruction nationale », entamée depuis son accession au pouvoir, dans un contexte encore marqué par l’instabilité sécuritaire et les défis économiques.

Faustin-Archange Touadéra s’appuie sur les réformes engagées au cours de ses précédents mandats pour convaincre l’électorat : amélioration des infrastructures, efforts pour la réconciliation nationale, signature d’accords de paix avec des groupes armés et renforcement des partenariats économiques. Toutefois, ses détracteurs dénoncent un régime de plus en plus autoritaire et une présence militaire étrangère accrue, notamment celle du groupe Wagner.

Sa candidature intervient dans un climat politique tendu, quelques mois après l’adoption controversée d’une nouvelle Constitution qui supprime la limitation des mandats présidentiels. Cette réforme, validée par référendum en 2023, permet à Touadéra de se représenter indéfiniment, suscitant de vives critiques de l’opposition et de certains partenaires internationaux.

Pour ses partisans, le président incarne la stabilité et l’espoir de reconstruction dans un pays encore fragile. Pour l’opposition, c’est le symbole d’un pouvoir verrouillé et d’un processus démocratique vidé de son essence. Plusieurs figures politiques ont déjà annoncé leur intention de se présenter, promettant une campagne électorale disputée.

La présidentielle de 2025 s’annonce donc cruciale pour l’avenir institutionnel et démocratique de la Centrafrique. Elle testera non seulement la popularité du président sortant, mais aussi la résilience des institutions face aux pressions internes et aux regards critiques de la communauté internationale.

Le compte à rebours est désormais lancé. En se lançant dans la course, Touadéra confirme sa volonté de rester au cœur du jeu politique centrafricain. Reste à savoir si les conditions sécuritaires, logistiques et politiques permettront une élection libre, transparente et inclusive.

Teddy Gile

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