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Ce qu’il faut retenir du 4e jour du procès Mutamba : entre tensions et déballages sur la passation des marchés publics

Le troisième jour du procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a viré à l’affrontement verbal ce mercredi, devant la Cour de cassation. Jugé pour détournement de deniers publics, Mutamba n’a pas mâché ses mots, accusant la Cour de l’intimider, dans une salle d’audience déjà chargée de tension.

Tout est parti d’une question de savoir s’il prenait acte du refus de comparution de Mr Adler Kisula ,secrétaire exécutif de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) qui a évoqué l’article 120 de la loi portant lutte contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive  qui dispose que les dirigeants et les membres du personnel de la cellule nationale des renseignements financiers ne peuvent être appelés à témoigner lors d’une audience judiciaire sur des faits dont ils ont aidé à connaître dans l’exercice de leurs fonctions.

Visiblement agacé par les questions fermées de la Cour, celles de savoir  s’il prenait acte ou pas, Mutamba a répondu sèchement : « Arrêtez de m’intimider. Je ne suis pas là pour recevoir des menaces. Si vous avez déjà un complot planifié, faites ce que vous voulez. » Un éclat qui a provoqué un malaise temporaire dans la salle.

Ce passage tendu n’a fait que renforcer l’atmosphère déjà pesante de l’audience.

Au-delà des joutes verbales, le procès a aussi abordé le fond du dossier : les procédures de passation des marchés publics. Christian Kalume, expert de l’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics), a livré un éclairage technique essentiel. Il a rappelé qu’un contrat est considéré comme tacitement approuvé si, dix jours après l’envoi, aucun accusé de réception n’est émis, ce qui pourrait peser lourd dans l’argumentation de la défense. Il a aussi souligné que malheureusement la plupart des Marchés publics ici au pays se passent de gré à gré et l’ARMP n’est saisi qu’en cas de scandale. Il a aussi approuvé le fait de créer le compte séquestre.

Ce point de droit pourrait jouer en faveur de Mutamba, qui soutient que certaines procédures étaient conformes, bien que contestées a posteriori. Il laisse entendre que l’absence de réaction des autorités de contrôle à temps équivaut à un accord implicite. Toutefois la Cour aura toujours son mot dire le moment venu.

La suite du procès s’annonce encore plus houleuse, avec des convocations possibles de figures clés citées, notamment la Première ministre Judith Suminwa, mais aussi d’autres acteurs. Mutamba, fidèle à son style frontal, semble déterminé à se battre jusqu’au bout. Entre affrontements verbaux, révélations techniques et soupçons d’interférences politiques, ce procès prend une tournure explosive, illustrant la complexité des dossiers de corruption en RDC et l’opacité des circuits administratifs.

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