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Cameroun : Réélu, Paul Biya tend la main à Issa Tchiroma et lui propose le poste de Premier ministre.

À quelques jours de la proclamation officielle des résultats définitifs de la présidentielle par le Conseil constitutionnel, prévue au plus tard le 26 octobre, un revirement politique inattendu secoue le Cameroun. Réélu pour un nouveau mandat, le président Paul Biya a surpris en proposant le poste de Premier ministre à son rival Issa Tchiroma Bakary, selon les révélations de Jeune Afrique.

Cette proposition marque un tournant majeur dans une élection tendue où les camps Biya et Tchiroma se sont affrontés avec virulence. Alors que les résultats provisoires placent Biya largement en tête, la main tendue à son adversaire pourrait être interprétée comme une tentative de décrispation ou comme un geste stratégique pour désamorcer toute contestation post-électorale.

Issa Tchiroma, figure politique respectée, ancien ministre et chef du FSNC (Front pour le salut national du Cameroun), a su incarner une opposition ferme mais républicaine durant la campagne. Lui proposer ce poste de Premier ministre serait une manière pour Biya d’associer une partie de l’opposition au pouvoir, dans un contexte où les appels au changement et à l’alternance sont de plus en plus forts dans le pays.

Mais derrière cette ouverture apparente, des questions se posent. S’agit-il d’une vraie volonté de cohabitation, ou d’une manœuvre pour neutraliser un adversaire politique crédible ? Tchiroma, de son côté, n’a pas encore officiellement répondu, même si certaines sources évoquent des discussions en coulisses autour de garanties de réformes et d’un rééquilibrage des pouvoirs.

Le poste de Premier ministre au Cameroun reste toutefois essentiellement technique, dans un régime hyperprésidentialisé. Pour Tchiroma, accepter ce rôle pourrait être perçu comme une compromission par une partie de son électorat. Refuser, en revanche, serait risquer de passer à côté d’un levier politique réel dans l’appareil d’État.

Ce geste de Biya s’inscrit aussi dans une tradition africaine de gestion post-électorale : intégrer l’opposition pour préserver la stabilité. Il permettrait d’ouvrir une nouvelle page politique sans affaiblir la mainmise du RDPC, parti au pouvoir depuis des décennies. Le pays, habitué aux tensions post-scrutin, pourrait y voir un signe d’apaisement.

Quoi qu’il en soit, cette proposition de Paul Biya à Issa Tchiroma Bakary pourrait redéfinir le paysage politique camerounais. Entre manœuvre d’affaiblissement ou sincère volonté d’inclusion, l’avenir dira si ce rapprochement inespéré accouche d’un gouvernement de transition ou d’un simple coup de communication.

Teddy Gile

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