Le paysage politique camerounais est secoué par un véritable coup de tonnerre : Maurice Kamto figure majeure de l’opposition et candidat investi par la MANIDEM, n’a pas été retenu pour participer à la prochaine élection présidentielle. La nouvelle est tombée ce samedi, après la publication par ELECAM (Élections Cameroon) de la liste provisoire des 13 candidats retenus sur les 83 candidatures reçues.
Cette décision inattendue suscite une onde de choc dans l’opinion publique et au sein de la classe politique, tant Maurice Kamto apparaissait comme l’un des principaux challengers face au pouvoir en place. En 2018, il était arrivé en deuxième position selon les résultats officiels, contestés à l’époque par lui-même et ses partisans.
ELECAM n’a pas encore détaillé les raisons exactes de cette exclusion, mais les premières informations évoquent des irrégularités administratives ou techniques dans le dépôt de son dossier. Du côté du camp Kamto, on parle déjà d’exclusion arbitraire et politiquement motivée, dénonçant une manœuvre visant à écarter la concurrence sérieuse.
Cette décision pourrait raviver les tensions politiques dans un pays déjà fragilisé par plusieurs crises internes, notamment la situation dans les régions anglophones. L’opposition dénonce un verrouillage du processus électoral, alors que l’élection présidentielle de 2025 est censée marquer une étape importante pour l’alternance démocratique.
Pour rappel, Maurice Kamto s’était allié à la MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), après plusieurs tentatives de restructuration de l’opposition autour d’un front commun. Son éviction laisse un vide stratégique dans le camp des opposants, qui cherchent désormais à se réorganiser en urgence.
Avec cette décision, ELECAM valide provisoirement 13 candidats, dont plusieurs figures connues, mais aussi de nouveaux venus. L’absence de Kamto pourrait redistribuer les cartes et affaiblir considérablement les chances de l’opposition face au parti au pouvoir bien décidé à conserver le pouvoir de Paul Biya.
L’équipe de Maurice Kamto a annoncé qu’elle allait introduire un recours auprès du Conseil Constitutionnel, en espérant obtenir une réintégration avant la publication définitive de la liste. Mais le temps presse, et les regards sont désormais tournés vers les institutions pour voir si cette exclusion sera maintenue ou annulée.
La tension monte déjà tant au Cameroun qu’à l’étranger notamment en Belgique où l’ambassade du Cameroun a été prise d’assaut par des camerounais juste après l’annonce du rejet de la candidature de Maurice Kamto par Elecam. Un autre mouvement de contestation a été signalée à l’ambassade du Cameroun en France.




