C’est peut-être la fin d’un nouvel épisode Kamerhien dans l’arène politique congolaise. Ce mardi 16 septembre 2025, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a officiellement réceptionné la pétition de ses collègues députés demandant sa destitution. Ce document, devenu le cauchemar silencieux du « Pacificateur », a été déposé auprès du secrétaire général de l’Assemblée, scellant ce qui semble être le début d’une fin prématurée pour l’allié historique du Président Tshisekedi.
Moins de 24 heures après, une plénière décisive est convoquée pour ce mercredi 17 septembre. À l’ordre du jour : l’examen des pétitions et la mise en place d’une commission spéciale, censée analyser la recevabilité de cette motion incendiaire. Ironie du sort, c’est Jean Claude Tshilumbayi, le 1er vice-président non visé par la pétition, qui va présider cette séance. Kamerhe, lui, sera réduit au silence réglementaire. Un comble pour celui qui, il y a peu, orchestré encore les débats de la chambre.
La procédure s’appuie sur l’article 32 alinéa 2 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Les initiateurs de la pétition n’ont rien laissé au hasard, et chaque étape semble minutieusement préparée. Malgré sa tentative d’apaisement à la rentrée parlementaire, où il avait imploré pardon devant les élus, l’effet semble nul. Le pardon, en politique congolaise, n’efface ni les ambitions ni les frustrations.
Dans les couloirs du Palais du Peuple, les murmures vont bon train. Certains députés parlent de « coup monté », d’autres évoquent un simple réajustement des équilibres internes. Ce qui est sûr, c’est que Kamerhe ne bénéficie plus du consensus de jadis. Son image de grand stratège et faiseur de roi semble s’effriter, victime de calculs politiques, de rivalités internes, et peut-être… de sa propre longévité.
Ce possible renversement rappelle d’ailleurs un épisode bien connu : en 2009, déjà président de l’Assemblée nationale, Kamerhe avait été poussé à la démission. Une histoire qui semble vouloir se répéter, comme un mauvais remake. Cette fois, les enjeux sont différents, mais la méthode reste la même : signer, déposer, dégager.
Si cette éviction se confirme, elle pourrait redéfinir les rapports de force au sein de l’Union sacrée et impacter la gestion parlementaire jusqu’en 2028. Plusieurs figures convoitent déjà le perchoir, en coulisses, les manœuvres s’intensifient et les alliances se font et se défont à la vitesse d’un décret présidentiel.
Vital Kamerhe, quant à lui, se retrouve sur un siège éjectable, au propre comme au figuré. Reste à savoir s’il tentera une ultime manœuvre ou s’il quittera le perchoir avec la dignité du vétéran politique qu’il revendique être. Mais une chose est sûre : à l’Assemblée nationale, pour lui… les carottes sont cuites.
Comment va-t-il rebondir comme il a toujours fait? Va-t-il tenter de renverser la situation et s’offrir une autre « remontada » comme il en a le secret ? Les jours à venir seront déterminants, scrutons l’actualité !
Teddy Gile




