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Ali Bongo face à la justice française : plainte pour séquestration, une affaire à haut risque politique

L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a été entendu ce début juillet par des juges d’instruction à Paris dans le cadre de sa plainte pour « séquestration arbitraire ». Ce recours judiciaire vise les conditions dans lesquelles il aurait été retenu contre son gré au lendemain du coup d’État militaire du 30 août 2023, qui a mis fin à son règne de 14 ans à la tête du Gabon. Un épisode marquant qui continue de secouer la scène politique gabonaise.

Ali Bongo affirme qu’il a été illégalement isolé dans sa résidence présidentielle à Libreville, sans contact extérieur, dans les heures et jours qui ont suivi le putsch. C’est cette détention qu’il qualifie de « séquestration arbitraire », une accusation lourde de conséquences juridiques et diplomatiques. Sa défense espère que la justice française mènera une enquête approfondie, estimant que les conditions de détention portaient atteinte à ses droits fondamentaux.

La plainte d’Ali Bongo intervient alors que le général Brice Oligui Nguema, auteur du coup d’État et actuel président du Gabon, tente de redorer l’image de son pays sur la scène internationale. Cette démarche judiciaire à Paris remet sur le devant de la scène une transition politique encore fragile et expose le régime actuel à des critiques sur la manière dont il a écarté le clan Bongo du pouvoir.

Le choix d’un recours judiciaire en France n’est pas anodin : Ali Bongo possède la nationalité française par filiation, et de nombreux intérêts de sa famille se situent en France. De plus, la justice française avait déjà été saisie dans d’autres affaires liées à la famille Bongo, notamment sur les biens mal acquis. Cette nouvelle procédure pourrait donc relancer l’attention médiatique et politique sur les rapports tumultueux entre Paris et Libreville.

Les autorités gabonaises, de leur côté, n’ont pas officiellement commenté cette audition. Mais dans les cercles proches du pouvoir, certains y voient une tentative de déstabilisation ou de revanche politique. D’autres, plus modérés, redoutent que ce procès ne rouvre de vieilles blessures et ralentisse les efforts de réconciliation nationale.

Teddy Gile

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