Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a posé le pied à Brazzaville ce lundi 2 février 2026 dans l’après-midi, pour une visite officielle de deux jours qui dépasse le simple cadre des civilités diplomatiques. Derrière les honneurs et les sourires protocolaires, ce déplacement marque une étape importante dans la redéfinition de la présence diplomatique du Sénégal en Afrique centrale.
À sa descente d’avion, le chef de l’État sénégalais a été accueilli avec les honneurs militaires par son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso. La cérémonie, sobre mais solennelle, s’est déroulée en présence de hautes autorités civiles et militaires congolaises, ainsi que des représentants du corps diplomatique accrédité à Brazzaville, donnant à cette arrivée des allures de signal politique soigneusement calibré.
Mais c’est hors du tarmac officiel que l’image la plus parlante s’est dessinée. Fortement mobilisée, la communauté sénégalaise vivant au Congo a réservé à Bassirou Diomaye Faye un accueil particulièrement chaleureux, mêlant chants, drapeaux et ferveur populaire. Une scène révélatrice de l’attente que suscite le nouveau leadership sénégalais au-delà de ses frontières nationales.
Cette visite officielle, prévue du 2 au 3 février 2026, s’inscrit dans une volonté affichée de consolider les liens historiques d’amitié et de fraternité entre Dakar et Brazzaville. Deux capitales liées par une histoire diplomatique ancienne, mais dont la relation semblait, ces dernières années, reléguée à l’arrière-plan des priorités régionales.
Au cœur des échanges annoncés figurent plusieurs domaines stratégiques, notamment la coopération économique, les questions énergétiques, la sécurité régionale et les enjeux de gouvernance. Autant de dossiers qui traduisent l’ambition du président Faye de repositionner le Sénégal comme un acteur de dialogue et de propositions sur le continent.
Au-delà du tête-à-tête entre les deux chefs d’État, la concertation sur les grands défis africains et mondiaux devrait occuper une place centrale. Crises sécuritaires, mutations géopolitiques, intégration régionale ou encore réforme de la gouvernance internationale : Dakar et Brazzaville cherchent à accorder leurs voix dans un environnement continental en recomposition.
Pour Bassirou Diomaye Faye, cette étape congolaise ressemble à un test grandeur nature de sa diplomatie africaine, encore en construction. Une diplomatie qui se veut plus lisible, plus ancrée dans les réalités du Sud, et attentive aux peuples autant qu’aux États. À Brazzaville, le président sénégalais joue ainsi une partition où les symboles comptent autant que les décisions à venir.
Teddy Gile




