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Mali : Assimi Goïta président sans élection jusqu’en 2030 (et peut-être au-delà)

Le Mali a franchi un nouveau cap dans sa trajectoire politique. Le général Assimi Goïta, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021, s’est vu accorder un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable à volonté, sans passer par la case élection. C’est le Conseil national de transition (CNT), composé de 131 membres tous présents ce jeudi, qui a adopté à l’unanimité un projet de loi consacrant cette nouvelle ère politique.

Cette décision enterre pour l’instant toute perspective de retour à un ordre démocratique fondé sur des élections libres. Le texte voté par le CNT stipule que le président, en l’occurrence Assimi Goïta, peut renouveler son mandat « autant de fois que nécessaire », créant ainsi un boulevard institutionnel sans limite temporelle.

La promulgation de la loi par Goïta lui-même n’est désormais qu’une formalité. Il deviendra alors officiellement président de la République du Mali au moins jusqu’en 2030, et potentiellement bien au-delà, si aucun changement structurel ou soulèvement populaire ne vient inverser la dynamique.

Ce développement politique suscite de vives inquiétudes, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’international. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’une consolidation autoritaire du pouvoir, au détriment des promesses de transition démocratique initialement formulées après le coup d’État.

Du côté des partisans du régime, on vante au contraire une « stabilité renforcée » et une « souveraineté nationale assumée ». La rhétorique souverainiste et anti-occidentale du pouvoir actuel semble trouver un écho dans une partie de la population, fatiguée par les crises sécuritaires et institutionnelles à répétition.

Mais cette concentration du pouvoir pose des risques importants : isolement diplomatique, suspension de l’aide internationale, exacerbation des tensions sociales et marginalisation des forces politiques opposées. Les Maliens, eux, oscillent entre résignation, pragmatisme et espoir d’un retour futur à la démocratie.

Ce nouveau tournant montre que, pour Assimi Goïta et ses alliés, la voie électorale n’est plus une priorité. Une République sans élections ? Le Mali semble désormais vouloir l’expérimenter.

Teddy Gile

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