Alors que plusieurs provinces du pays accélèrent leur dynamique de développement grâce à une gouvernance plus stable, le Sud-Ubangi, lui, semble s’enliser dans une crise politique chronique au sein de son Assemblée provinciale. Le président ad intérim de cette institution, Papy Malumba, l’a clairement dénoncé lors de la clôture de la session de mars 2025, une session censée être axée sur le contrôle parlementaire… mais totalement paralysée par des ingérences et querelles intestines.
Selon Papy Malumba, l’immixtion des autorités morales des partis politiques et l’ingérence directe de l’exécutif provincial ont tout simplement saboté le travail de l’organe délibérant. Conséquence : aucun contrôle effectif des institutions n’a pu être mené, privant la population d’un suivi rigoureux de la gestion publique. À l’heure où la reddition des comptes devient cruciale dans la gouvernance locale, cette inertie est perçue comme un frein direct à tout effort de développement.
La situation a même frisé le ridicule institutionnel, avec l’épisode ubuesque du vice-gouverneur, Jean René Galekwa, forçant l’ouverture du bureau du président de l’Assemblée avec fracas. Un acte qualifié d’ »outrage » par Papy Malumba, d’autant plus grave qu’il est intervenu après l’aval du VPM de l’Intérieur pour l’ouverture d’une plénière. Ce climat délétère jette une ombre sur la séparation des pouvoirs et décrédibilise les institutions provinciales.
En toile de fond, des manœuvres politiques inavouées : certains leaders régionaux, en quête de positionnement dans le Grand Équateur, seraient soupçonnés de souffler sur les braises pour affaiblir l’Assemblée. Cette instrumentalisation politicienne nuit gravement à l’intérêt général et empêche la province de bénéficier de la stabilité nécessaire à son envol économique.
La crise trouve son origine dans la succession mouvementée à la tête de l’Assemblée. Élu président, Malachie Adugbia avait remplacé Martinien Ngandakwe, visé par une pétition pour détournement et qui avait officiellement démissionné. Mais ce dernier conteste aujourd’hui son départ, alimentant ainsi un duel de légitimité qui paralyse les activités parlementaires.
Le symbole de ce dysfonctionnement est flagrant : la cérémonie de clôture de la session de mars ne s’est même pas tenue dans l’hémicycle, mais dans un bureau de fortune du vice-président, tant les tensions sont vives. Ce détail illustre à lui seul la perte d’autorité et de crédibilité de l’Assemblée.
Pour de nombreux observateurs, cette crise prolongée est en train de condamner le Sud-Ubangi à un retard durable. Alors que d’autres provinces amorcent leur décollage avec des routes réhabilitées, des infrastructures sociales en construction et une gouvernance plus rigoureuse, le Sud-Ubangi reste englué dans des querelles de personnes. Tant que cette situation ne sera pas réglée, le développement restera un mirage pour cette partie du pays.
De notre correspondant à Gemena Fiston Ngala Alexandre




