Le rideau s’est levé le 30 juin à Malabo sur l’un des procès les plus attendus – ou redoutés – de l’année en Guinée équatoriale : celui de Baltasar Ebang Engonga, dit « Bello ». Officiellement accusé de détournement de fonds publics, l’ancien vice-ministre est surtout devenu tristement célèbre pour une tout autre affaire… filmée sous plusieurs angles et partagée à une vitesse fulgurante sur les réseaux.
Détenu depuis dix mois, Bello aurait préféré qu’on parle de sa gestion douteuse des finances publiques. Malheureusement pour lui, ce sont des centaines de vidéos compromettantes, dignes d’un feuilleton interdit aux moins de 18 ans, qui ont occupé l’espace médiatique. Les téléspectateurs improvisés de la toile n’en reviennent toujours pas : entre jacuzzi doré et draps en soie, le scandale a éclipsé l’enjeu judiciaire. Devenu tristement célèbre, la « légende » Baltsar est devenue depuis, un sujet de discussion dans plusieurs capitales du monde…
Dans la salle d’audience, les regards sont partagés entre le juge et les écrans qui auraient pu servir de preuves… ou de bande-annonce. Pendant que le procureur déroule les accusations liées à des millions disparus, une question hante le public : est-ce vraiment pour l’argent qu’on juge Bello, ou pour avoir exposé au monde les coulisses dorées du pouvoir équato-guinéen ?
Les proches de l’accusé parlent d’un complot bien huilé. Selon eux, les fameuses vidéos n’auraient jamais dû fuiter. D’autres, plus cyniques, pensent qu’il s’agissait d’une audition pour un futur rôle dans une série internationale sur la corruption tropicale et ses fantasmes. Entre drame politique et télé-réalité, le procès s’annonce long… et croustillant.
Ce procès, au-delà de son aspect spectaculaire, révèle aussi les lignes de fracture au sommet du pouvoir. Qui a intérêt à faire tomber Bello ? Qui a distribué ces sextapes comme des tracts de campagne ? Et surtout, combien d’autres « Bello » sommeillent encore dans les palais climatisés du pays ? Le public, lui, en redemande.
Dans les rues de Malabo, les débats vont bon train. Les uns dénoncent une diversion pour masquer la crise économique. Les autres applaudissent ce qu’ils considèrent comme un début de purge morale – ou du moins un bon divertissement pour oublier la chaleur. L’affaire Bello, c’est du pain et des jeux, version 2025.
Que risque t-il exactement ?
Baltasar risque très gros. Accusé de détournement de fonds publics en Guinée équatoriale, il fait face à une justice réputée peu clémente dans les affaires de corruption, surtout lorsqu’elles impliquent des personnalités visibles. S’il est reconnu coupable, il pourrait écoper de lourdes peines allant de plusieurs années de prison ferme à la confiscation de ses biens. Au delà de l’aspect judiciaire, l’enjeu est aussi politique que moral. Les sextapes fuitées fin 2024 ont éclaboussé son image et embarrassé les cercles du pouvoir. Même si elles ne sont pas au cœur de la procédure officielle, elles ont renforcé la volonté des autorités de faire de lui un exemple, dans un contexte où le régime veut montrer sa fermeté contre les abus. Son avenir dépendra donc autant du droit que des coulisses du pouvoir.
Mais attention : entre la justice et la mise en scène, la frontière est aussi mince qu’une connexion Wi-Fi dans une cellule de prison. Le procès ne fait que commencer, et dans ce pays où les coulisses sont souvent plus importantes que la scène, tout peut encore basculer. Affaire à suivre… sans modération.
Teddy Gile




