Dans un échange sec et tranchant comme une lame de rasoir, Julien Paluku, ministre congolais du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu, a décoché une réponse redoutable au chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, sur la sempiternelle question des FDLR. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas mâché ses mots.
L’ex-gouverneur ne s’est pas contenté de répondre : il a démonté, pièce par pièce, l’argumentaire rwandais entretenu depuis trois décennies. « C’est la rhétorique depuis 30 ans qui a aveuglé le monde », assène-t-il d’entrée, balayant d’un revers de main la propagande que Kigali recycle inlassablement.
Paluku enfonce le clou avec des faits historiques : « Pendant huit ans, les Rwandais ont occupé l’Est du Congo, là même où les FDLR étaient censées exister. Et pourtant, ils ne les ont jamais ‘éradiquées’ ». Sous-entendu ? Ce prétexte sécuritaire n’est qu’un masque pour cacher une obsession bien plus lucrative : les ressources minières congolaises.
En s’appuyant sur les rapports onusiens, il rappelle que les fameux FDLR, aujourd’hui, « ne sont plus qu’un millier d’éléments, dont la majorité a été recyclée par Kigali ». Une vérité gênante que le Rwanda préférerait voir enterrée. Mais Paluku, lui, la met en lumière sans détour.
« Déconstruire un mensonge inoculé comme du venin depuis 30 ans est un travail de longue haleine », ajoute-t-il, avant de tacler les Congolais « distraits » qui, par naïveté ou opportunisme, se laissent instrumentaliser par Kigali. Une gifle déguisée pour ceux qui troquent la dignité nationale contre des alliances douteuses.
Paluku termine sa charge en appelant à une prise de conscience collective : divergences ou pas, les Congolais doivent faire front commun contre ceux qui sapent leur souveraineté. Sa sortie n’est pas qu’une pique politique — c’est un acte de résistance.
Bref, face à l’intox bien huilée du régime rwandais, la réplique de Julien Paluku sonne comme une cloche dans la brume : claire, cinglante, et impossible à ignorer.
Teddy Gile




