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Face aux jeunes de Bukavu, Joseph Kabila affiche son soutien au dialogue CENCO-ECC et se dit prêt à jouer un rôle clé

En séjour à Bukavu, l’ancien Président de la République et Sénateur à vie, Joseph Kabila a repris avec ses consultations.

Il a rencontré une large délégation de jeunes, étudiants, militants de mouvements citoyens et représentants des églises de réveil. Au menu : un échange franc autour des 12 propositions formulées dans sa récente adresse à la Nation. Un message fort, centré sur l’urgence du retour à la paix, qui a visiblement trouvé écho auprès de ses jeunes interlocuteurs.

Dès le début de l’entretien, Kabila s’est voulu compatissant : il n’a pas caché son émotion face à la crise que traverse l’Est du pays. Le Sud-Kivu, sa population, ses jeunes, sont meurtris, et l’ancien chef de l’État a dit être venu « pour compatir, mais surtout pour rassembler ». Son message est simple mais ferme : sans la paix, aucun avenir n’est envisageable. Sans la paix, pas de développement, pas de démocratie, pas d’espoir.

Kabila a exhorté les jeunes à devenir des artisans de la paix, chacun à son niveau, que ce soit dans la rue, sur les réseaux sociaux ou dans leurs églises et universités. Il a plaidé pour une implication citoyenne active, allant jusqu’à encourager chacun à interpeller les autorités, même « par un simple coup de fil », pour leur rappeler que la paix doit être la priorité nationale.

L’une des propositions les plus commentées lors de l’échange fut son soutien au schéma de dialogue tel que proposé par la CENCO et l’ECC. Joseph Kabila a affirmé qu’il était prêt à jouer un rôle dans cette dynamique, non pour revenir au pouvoir, a-t-il rassuré, mais pour aider à créer un consensus national face aux défis sécuritaires. Il a notamment martelé qu’il « était temps que les dirigeants dialoguent sincèrement ».

Les jeunes ont semblé particulièrement touchés par sa volonté de ne pas s’imposer, mais d’écouter. « Nous avons senti un homme prêt à mettre de côté les querelles politiques pour le bien du pays », a témoigné un représentant du conseil urbain de la jeunesse.

Joseph Kabila a souligné qu’aucun projet de société, aucune idéologie, ne peut se construire sur les ruines de la guerre. Il a mis en garde contre le risque de « disparition de la RDC » si rien n’est fait pour stopper les violences, appelant à une mobilisation générale sans clivages politiques.

Son message a aussi eu une dimension spirituelle : il a salué l’engagement des églises et exhorté les jeunes fidèles à prier pour la paix, tout en agissant pour la justice. Pour lui, la foi et l’action doivent marcher main dans la main, dans un pays où les blessures sont aussi morales et psychologiques.

Au final, ce moment d’échange avec les jeunes de Bukavu sonne comme une opération de proximité pour Joseph Kabila, mais surtout comme une tentative sincère de rassembler autour d’un idéal : la paix. Reste à savoir si cet appel dépassera les mots et se traduira en actes concrets, dans une région qui en a plus que jamais besoin.

Teddy Gile

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