La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de la République Démocratique du Congo poursuit son rayonnement continental. Elle accueille actuellement une délégation de l’Agence Nationale de Gestion Électorale (ANGE) du Tchad, conduite par son président Ahmed Bartchiret, venue s’imprégner de l’expertise électorale congolaise. Cette visite s’inscrit dans une logique de coopération sud-sud, où les expériences locales deviennent de véritables leviers pour renforcer les systèmes électoraux africains.
Dans un climat d’échange technique et stratégique, les deux institutions ont mis en avant les enjeux communs liés à l’organisation d’élections crédibles, transparentes et technologiquement avancées. Le président de l’ANGE a salué les acquis de la RDC, notamment dans le domaine du vote électronique, citant la digitalisation comme un cap essentiel à franchir pour moderniser les scrutins tchadiens. Ce transfert d’expérience apparaît ainsi comme un atout précieux pour le Tchad qui aspire à franchir le pas de la transition numérique électorale.
Mais cette coopération est loin d’être unilatérale. Le président Denis Kadima a aussi manifesté un intérêt sincère à comprendre les pratiques électorales du Tchad. La démarche traduit une humilité institutionnelle et un désir d’amélioration continue au sein de la CENI. Car même en terrain d’innovation, il est essentiel de rester à l’écoute d’expériences parallèles, notamment pour anticiper les écueils et perfectionner les dispositifs existants.
La visite a été jalonnée d’étapes clés : échanges au siège de la CENI, séance de travail avec le Secrétariat Exécutif National, et surtout immersion technique avec une présentation approfondie du vote électronique congolais. Une simulation concrète a permis aux hôtes tchadiens de prendre la mesure des avancées réalisées et des défis sécuritaires associés, notamment les cyberattaques et les réponses technologiques mises en place.
La délégation poursuivra sa mission par une visite au Centre électoral BOSOLO à Kingabwa, véritable centre névralgique de transmission et de publication des résultats. Ils y découvriront la rigueur logistique de la CENI, la traçabilité des données et l’arsenal mis en place pour garantir l’intégrité du processus électoral.
Au-delà du volet technique, cette rencontre traduit un signal politique fort : celui d’une Afrique centrale qui prend en main son destin démocratique en mutualisant les bonnes pratiques. La coopération entre la RDC et le Tchad pourrait servir de modèle pour d’autres pays membres de la CEEAC, confrontés à des défis similaires.
Cette synergie électorale, portée par la volonté d’anticipation et de transparence, est de bon augure à l’heure où les élections sont souvent sources de tensions. Elle rappelle que la stabilité institutionnelle passe aussi par l’intelligence collective et l’audace de s’inspirer des réussites africaines.
Teddy Gile




