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USA-Afrique : Ce que la RDC espère tirer du sommet de Luanda

C’est à Luanda, la capitale angolaise, que s’est ouvert le très attendu 17e Sommet des affaires USA-Afrique sous le thème évocateur : « Les voies de la prospérité : une vision commune du partenariat entre les USA et l’Afrique ». Un rendez-vous économique stratégique où la République démocratique du Congo, représentée par son président Félix Antoine Tshisekedi, entend jouer sa partition pour attirer davantage d’investissements et renforcer ses partenariats bilatéraux avec la première puissance économique mondiale.

Dans un contexte mondial marqué par une redéfinition des priorités économiques et géopolitiques, les États-Unis multiplient les signaux de rapprochement vers l’Afrique. Pour la RDC, pays au sous-sol immensément riche mais encore sous-exploité, ce sommet représente une opportunité inespérée de repositionner son image comme une destination crédible et attractive pour les investissements. Cobalt, cuivre, lithium, terres rares… la transition énergétique mondiale joue clairement en faveur de Kinshasa.

Mais au-delà des ressources naturelles, ce sommet met aussi sur la table des discussions autour des infrastructures, de la sécurité, de la transformation numérique, et surtout de la chaîne de valeur locale. Et c’est là que les attentes de la RDC sont immenses. Le pays espère signer des partenariats permettant non seulement l’exportation de ses matières premières, mais surtout leur transformation sur place, créant ainsi de l’emploi et de la richesse nationale.

Dans les coulisses, le sommet de Luanda est aussi un terrain de compétition feutrée entre les puissances occidentales et la Chine, dont l’emprise économique sur le continent ne cesse de croître. Pour Washington, regagner du terrain en Afrique passe désormais par des engagements concrets. Et pour la RDC, c’est l’occasion de diversifier ses partenaires stratégiques et d’éviter de tomber dans une dépendance unilatérale.

L’implication personnelle du président Tshisekedi à ce sommet souligne l’importance que Kinshasa accorde à cette dynamique. Il ne s’agit pas uniquement de signer des accords commerciaux, mais aussi de positionner la RDC comme un acteur africain majeur dans les discussions globales sur le développement durable, la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs.

Ce sommet pourrait également servir de plateforme pour la RDC afin d’exposer les réformes en cours dans les secteurs de la gouvernance, de la fiscalité et de la transparence économique. Un message que les investisseurs américains, particulièrement sensibles aux questions de bonne gouvernance, attendent avec impatience pour s’engager davantage.

Enfin, les retombées de ce sommet ne se mesureront pas uniquement en chiffres d’accords signés, mais aussi en termes d’image, de confiance et de projection diplomatique. Si la RDC parvient à convaincre de sa volonté de s’inscrire dans une dynamique vertueuse et stable, elle pourrait récolter bien plus qu’un appui ponctuel : un véritable partenariat stratégique de long terme.

En somme, le sommet USA-Afrique de Luanda est bien plus qu’une vitrine économique. C’est un révélateur d’ambitions, une plateforme d’influence et une fenêtre de repositionnement pour la RDC sur la scène continentale et internationale. Reste à transformer cette opportunité en résultats tangibles pour les Congolais.

Teddy Gile

 

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