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Koffi Olomide le Grand Mopao entre au Panthéon – et ce n’est pas une blague !

Koffi Olomidé, celui qui chante l’amour, les douleurs du cœur et les claviers synthétisés depuis le siècle dernier, vient d’ajouter une médaille de plus à sa veste déjà plus lourde que les valises d’un footballeur expatrié. Oui, Mopao Mokonzi, l’homme aux mille surnoms et aux 40 albums, a été officiellement reconnu comme sociétaire définitif de la Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique SACEM en sigle. La France musicale l’a donc adoubé…officiellement !

Qui aurait cru que derrière les pas chaloupés du « Quadra Kora man» se cachait un monument ? Eh bien, la SACEM, cette vénérable institution française, ne s’y est pas trompée. En le plaçant parmi les sociétaires définitifs, elle a gravé dans le marbre (ou plutôt sur partition) l’importance historique du Grand Mopao dans la musique francophone. Et ce, sans avoir eu besoin de remix de « Loi » pour convaincre qui que ce soit.

Être « sociétaire définitif » de la SACEM, c’est atteindre le plus haut statut au sein de cette prestigieuse institution. Ce titre n’est pas automatique : il est accordé sur la base de la longévité, de la régularité des œuvres déposées et surtout de l’impact économique et artistique d’un auteur-compositeur. À ce titre, il rejoint un cercle très fermé des grands noms de la musique francophone ayant marqué leur époque. C’est un label de prestige. Il va maintenant participer à l’assemblée générale de la SACEM avec un poids décisionnel plus fort, pouvant influencer les grandes orientations de la société.

En en tant que sociétaire définitif, il bénéficie d’une meilleure protection de ses droits d’auteur et d’une gestion optimisée de ses redevances, y compris à l’international. c’est une consécration artistique doublée d’un avantage stratégique, financier et symbolique majeur.

Il faut dire que le père fondateur du Quartier Latin n’a pas seulement été un chanteur. Il a été poète, chorégraphe, diplomate des clashs musicaux et parfois philosophe de bar. L’homme a su transformer chaque syllabe, chaque soupir, chaque “eeeeeh” en or. Et maintenant, l’Europe culturelle lui rend hommage, prouvant qu’il n’était pas seulement une star de Ndombolo, mais une institution vivante.

Ce sacre à la SACEM, c’est la consécration d’un long règne. Koffi est au Ndombolo ce que Molière est au théâtre : intemporel, parfois incompris, mais incontournable. Les générations passent, les playlists changent, mais il reste. Il a dansé à Bercy, défié les lois du temps, parfois même les lois tout court, mais toujours avec panache et des lunettes noires.

Qu’on l’aime ou qu’on le critique, Koffi Olomidé reste un chapitre entier de la musique africaine. Et aujourd’hui, même les plus sceptiques doivent saluer le maestro : la SACEM l’a fait, ils ont officialisé ce que l’Afrique savait déjà depuis des décennies — Koffi, c’est pas un artiste. C’est un genre musical à lui tout seul.

Teddy Gile

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