Après la visite de l’ancien président Joseph Kabila, c’est au tour de Bintou Keita, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) et cheffe de la MONUSCO, de se rendre à Goma. Cette visite intervient dans un contexte particulièrement tendu, alors que la ville est sous le contrôle du groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda.
Depuis la prise de Goma par le M23 en janvier 2025, la situation sécuritaire et humanitaire s’est considérablement détériorée. Le M23 a imposé des restrictions sévères à la liberté de mouvement de la MONUSCO, entravant ses efforts pour évaluer les dégâts, éliminer les munitions non explosées et fournir une assistance humanitaire essentielle. Les infrastructures de la MONUSCO à Goma sont sous pression extrême, abritant plus de 1 400 personnes déplacées, dont des femmes et des enfants, dans des conditions précaires.
Bintou Keita a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude face à la situation, appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à agir d’urgence pour protéger la population civile, les travailleurs humanitaires et le personnel de l’ONU. Elle a dénoncé les entraves imposées par le M23, qui empêchent la MONUSCO d’assumer pleinement son mandat.
La visite de Mme Keita à Goma vise à évaluer la situation sur le terrain, à exprimer sa solidarité avec les populations affectées et à réaffirmer l’engagement de la MONUSCO à protéger les civils. Elle devrait rencontrer des représentants locaux, des membres de la société civile et des partenaires humanitaires pour discuter des moyens de renforcer la réponse à la crise.
Cette visite symbolique souligne la détermination de la MONUSCO à rester présente aux côtés des populations de l’Est de la RDC, malgré les défis sécuritaires. Elle intervient également alors que la communauté internationale intensifie ses appels au retrait du M23 et des forces rwandaises du territoire congolais, et à la reprise des pourparlers de paix.
Teddy Gile




