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Muyaya tacle Kigali :  » pas de tricheur à la tête de la CEEAC ! « 

Le départ du Rwanda de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) n’aura pas laissé Kinshasa indifférente. Bien au contraire, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, y voit une victoire diplomatique nette. « On ne peut pas violer les règles et vouloir présider l’organisation », a-t-il lancé sur X, comme pour dire au voisin de l’Est : *on ne triche pas à la table et prétend en être le maître de cérémonie*.

Ce retrait n’est pas une surprise pour qui suit les relations tendues entre Kinshasa et Kigali. Mais cette fois, le Rwanda se heurte à une levée de boucliers régionale. La CEEAC a choisi son camp — celui du droit, de la cohérence institutionnelle et du rejet de l’agression. Et ça, pour Kinshasa, c’est une petite révolution. Car longtemps, le Rwanda a su manœuvrer dans les couloirs feutrés des institutions africaines. Aujourd’hui, ses manœuvres sont exposées au grand jour.

Patrick Muyaya, sans mâcher ses mots, appelle d’ailleurs les autres organisations régionales à « s’inspirer de la CEEAC ». Un appel à la fermeté et à la fin de la complaisance. Dans ce bras de fer aux allures géopolitiques, la RDC marque donc un point : elle a obtenu une réaction ferme d’un bloc sous-régional longtemps silencieux face à l’agression rwandaise dans l’Est congolais.

Le narratif mensonger, la diplomatie souterraine et les lobbyings bien huilés que Muyaya dénonce ne suffisent plus à étouffer les réalités. Des millions de déplacés, des morts, des pillages. Ce ne sont pas des rumeurs, ce sont des faits. Et pour une fois, une organisation régionale refuse de faire semblant. C’est peut-être le début d’un nouvel élan diplomatique plus juste en Afrique centrale.

Le Rwanda peut partir, mais la vérité, elle, reste. Le Congo, en jouant la carte du droit, de la transparence et de la fermeté, montre que le silence n’est plus une option. La CEEAC a tranché. Kigali, cette fois, ne présidera pas.

Teddy Gile

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