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Fayulu, Tshisekedi et Kabila : le triangle des Bermudes de la politique congolaise.

En ce lundi 2 juin 2025, Martin Fayulu, l’opposant infatigable, a surpris tout le monde en jouant les entremetteurs nationaux. Dans une adresse à la nation, il a lancé un appel à Corneille Nangaa pour qu’il dépose les armes, a exprimé son désir de rencontrer le président Félix Tshisekedi et a invité l’ancien président Joseph Kabila à quitter Goma. Un geste qui, dans un pays où les alliances politiques sont aussi stables qu’un château de cartes en plein ouragan, a de quoi faire lever quelques sourcils.

La réponse ne s’est pas fait attendre. Le président Tshisekedi, par l’intermédiaire de sa porte-parole Tina Salama, a salué le « patriotisme » de Fayulu et s’est dit prêt à le rencontrer pour « sauver la République de la prédation ». Une déclaration qui, venant de deux hommes qui se sont mutuellement accusés de tous les maux ces dernières années, ressemble à une tentative de réécriture du scénario politique congolais.

Mais que cache réellement ce rapprochement inattendu ? Est-ce le début d’une alliance sincère pour le bien du pays ou simplement une nouvelle manœuvre politique dans le grand théâtre congolais ? Après tout, dans ce pays, les ennemis d’hier deviennent souvent les alliés d’aujourd’hui, jusqu’à ce qu’ils redeviennent les ennemis de demain.

Quant à Joseph Kabila, l’ancien président, il  répondait déjà il y a trois mois à l’appel au dialogue de Fayulu avec une déclaration digne d’un vieux sage : « La paix ne peut être un prétexte pour masquer les échecs. » Une façon élégante de dire peut-être qu’il n’est pas prêt à quitter Goma comme le veut Fayulu aujourd’hui. Après tout, pourquoi partir quand on peut rester et observer le chaos depuis sa tour d’ivoire ?

Ce triangle politique entre Fayulu, Tshisekedi et Kabila ressemble de plus en plus à un triangle des Bermudes où les bonnes intentions disparaissent mystérieusement. Chacun semble jouer sa partition, espérant que les autres feront un faux pas. Une autre équation s’ajoute à ce triangle, l’AFC/M23 de Nangaa et Bisimwa et leurs troupes sur terrain sans compter leur « parrain » le Rwanda de Paul Kagame. Mais pendant ce temps, le peuple congolais attend toujours des actions concrètes pour améliorer son quotidien et vivre simplement dans la paix.

En fin de compte, ce rapprochement entre Fayulu et Tshisekedi pourrait être une lueur d’espoir pour la RDC, ou simplement une nouvelle page dans le grand livre des alliances éphémères. Seul l’avenir nous dira si cette union est sincère ou si elle n’est qu’une nouvelle mascarade politique.

Une chose est sûre : en RDC, la politique est un art, et nos politiciens sont de véritables artistes. Espérons simplement que leur prochaine œuvre sera une symphonie pour le peuple, et non une cacophonie de plus.

Teddy Gile

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