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RDC : rentrée parlementaire de septembre, le budget 2027 et le dialogue national au cœur des débats

Les députés nationaux et les sénateurs ont repris, ce mardi 15 septembre 2026, le chemin du Palais du Peuple à Kinshasa. Les deux chambres du Parlement ont ouvert leur session ordinaire de septembre, après plusieurs semaines de vacances parlementaires. Cette rentrée intervient dans un contexte politique, sécuritaire et sanitaire particulièrement sensible en République démocratique du Congo.

Traditionnellement appelée « session budgétaire », cette session sera largement consacrée à l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Adopté par le gouvernement lors de la 98e réunion du Conseil des ministres, le budget est présenté en équilibre à 57 500 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains. Il progresse d’environ 12 % par rapport aux 22 milliards de dollars de la loi de finances rectificative pour 2026.

Au-delà du budget 2027, les parlementaires devront examiner plusieurs initiatives législatives et assurer le contrôle de l’action gouvernementale. La réforme constitutionnelle, le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi et la proposition de loi sur l’organisation du référendum devraient également alimenter les débats. La nouvelle délibération sur cette proposition de loi doit notamment être inscrite au calendrier de la session, à la demande du chef de l’État.

La situation sécuritaire devrait aussi peser sur les travaux. L’agression rwandaise via l’AFC/M23, les processus diplomatiques de Washington et de Doha, ainsi que l’activisme des ADF restent au centre des préoccupations. À ces dossiers s’ajoute l’épidémie de maladie à virus Ebola, désormais signalée dans sept provinces. Le gouvernement affirme toutefois que la situation est sous contrôle et que l’épidémie entre dans une phase descendante. L’avenir de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri pourrait également revenir au premier plan.

Sama Lukonde : le Sénat favorable au dialogue national

Dans son discours d’ouverture, le président du Sénat, Sama Lukonde, a placé le dialogue national parmi les enjeux majeurs de cette rentrée parlementaire. Il a salué une initiative qu’il considère comme une voie vers la réconciliation et la reconstruction de la République démocratique du Congo. Pour le président de la chambre haute, le caractère inclusif du processus constitue l’un de ses principaux atouts.

Sama Lukonde estime que les consultations à la base peuvent permettre de mieux recueillir les préoccupations des populations. Elles devraient concerner les 26 provinces ainsi que les différentes communautés du pays. L’objectif est notamment de mieux comprendre les causes de l’insécurité et les difficultés qui freinent le développement de la RDC.

Le président du Sénat a ainsi appelé toutes les filles et tous les fils du pays, y compris ceux qui se sont éloignés de la Nation, à répondre favorablement à la main tendue du chef de l’État. Il les a exhortés à privilégier le dialogue et l’intérêt supérieur de la République. La chambre haute affirme, de son côté, être prête à apporter sa contribution à la réussite de ce processus.

Félix Tshisekedi avait annoncé, le 27 août dernier, l’ouverture d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État. Le chef de l’État avait alors insisté sur le respect des institutions et de la souveraineté nationale. Pour Sama Lukonde, cette démarche peut donc constituer un cadre pour rapprocher les différentes composantes de la société congolaise.

Aimé Boji : l’Assemblée nationale soutient également le dialogue

À l’Assemblée nationale, le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, a lui aussi réaffirmé son soutien au dialogue national initié par Félix Tshisekedi. Devant les députés nationaux et les acteurs sociopolitiques, il a présenté ces assises comme un cadre important pour s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité du pays et renforcer la cohésion nationale.

Aimé Boji a toutefois posé le respect du cadre républicain comme préalable à cette démarche. Il a appelé les confessions religieuses et les forces vives de la nation à contribuer à la construction d’un consensus solide. Le président de l’Assemblée nationale a également demandé aux partenaires internationaux d’accompagner le processus de paix, sans ingérence et dans le respect de la souveraineté congolaise.

« Le dialogue national initié par le Chef de l’État est avant tout une initiative congolaise qui doit être conduite par les Congolais, dans le respect de notre souveraineté », a déclaré Aimé Boji. Il a assuré que l’Assemblée nationale s’inscrit pleinement dans cette démarche, qu’il présente comme patriotique, tout en rappelant le rôle du chef de l’État dans le fonctionnement des institutions.

Cette rentrée parlementaire s’annonce donc chargée pour les deux chambres. Entre le budget 2027, le contrôle de l’action gouvernementale, les questions sécuritaires et sanitaires, mais aussi le dialogue national, les députés et les sénateurs auront plusieurs dossiers sensibles à traiter. Les prochaines semaines permettront de mesurer la capacité du Parlement à répondre à ces enjeux tout en accompagnant les initiatives politiques annoncées par le pouvoir.

Teddy Gile 

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