Les Forces politiques alliées à l’UDPS/Tshisekedi (FPAU) adhèrent à l’idée d’un dialogue national inclusif voulu par le président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration politique signée ce mardi 1er septembre 2026 à Kinshasa, leur Coordonnateur général, Elysé Bokumwana Maposo, met surtout en avant la méthode proposée par le chef de l’État.
Pour cette plateforme politique, l’originalité de la démarche tient à sa volonté de ne plus limiter les consultations aux principaux responsables politiques. Les FPAU saluent ainsi le principe d’une « pyramide renversée », qui consiste à faire remonter les préoccupations de la population jusqu’au niveau national.
Le schéma présenté repose sur une progression partant du village vers la chefferie, puis vers le secteur et le territoire. Les consultations devraient ensuite atteindre les provinces avant de déboucher sur le niveau national. Une approche qui, selon les FPAU, permettrait de confronter les prétentions à la représentativité à la réalité du terrain.

La plateforme estime que cette démarche pourrait ainsi modifier la manière dont les acteurs politiques participent aux grandes discussions nationales. Au lieu de laisser quelques dirigeants parler au nom de communautés entières, le processus devrait, selon elle, permettre à la base d’exprimer directement ses attentes et ses priorités.
Les FPAU considèrent cette participation populaire comme une condition essentielle pour renforcer la légitimité des conclusions du dialogue national. « Nul ne devrait désormais prétendre représenter une communauté » sans que cette représentativité puisse être vérifiée auprès de sa base, soutient la déclaration de la plateforme.
Cette position constitue également une réponse aux voix qui contestent déjà le principe du dialogue. Les alliés de l’UDPS estiment que les opposants à l’initiative devraient, avant de la rejeter, examiner les mécanismes proposés. Pour eux, une démarche donnant davantage de poids à la population ne devrait pas susciter de crainte chez ceux qui se réclament d’une véritable représentativité.

Mais le soutien des FPAU au dialogue national n’est pas présenté comme un blanc-seing. La plateforme fixe notamment une limite sur la question des crimes commis dans le pays. Elle refuse que la recherche de la réconciliation puisse conduire à effacer les responsabilités individuelles ou collectives.
Pour illustrer cette position, les FPAU évoquent la Commission Vérité et Réconciliation mise en place en Afrique du Sud en 1995 sous la conduite de l’archevêque Desmond Tutu. À leurs yeux, l’expérience sud-africaine montre que la recherche de la paix ne doit pas nécessairement signifier l’oubli des faits graves. Les auteurs d’actes répréhensibles doivent répondre de leurs actes conformément aux lois de la République.
Cette réserve s’inscrit, selon la plateforme, dans la continuité de la politique de dialogue et de rapprochement défendue par Félix Tshisekedi depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2019. Les FPAU estiment que le refus systématique de toute initiative de concertation, sans en examiner le contenu ni les mécanismes, peut alimenter les suspicions autour des intentions réelles de ses détracteurs.

Au-delà des formations politiques, les FPAU souhaitent donc voir l’ensemble des forces vives de la République prendre part au processus. Partis politiques, société civile, confessions religieuses, jeunes et femmes sont appelés à s’approprier cette initiative. Pour la plateforme, la réussite du dialogue national dépendra finalement de sa capacité à faire de la volonté populaire le point de départ des décisions destinées à engager l’avenir de la RDC.
Teddy Gile




