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RDC-Tanzanie : Tshisekedi et Samia Suluhu renforcent la coopération autour du commerce, des investissements et de la sécurité régionale

La République démocratique du Congo et la Tanzanie veulent donner une nouvelle dimension à leur partenariat. À Zanzibar, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue tanzanienne Samia Suluhu Hassan ont identifié de nouveaux axes de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques. Le commerce, l’investissement, l’agriculture, les mines, l’énergie, les transports, les infrastructures, la santé et le numérique figurent désormais parmi les domaines prioritaires de ce rapprochement. L’objectif affiché est de faire des relations entre Kinshasa et Dodoma un véritable levier de développement économique.

Cette orientation traduit surtout la volonté des deux pays de dépasser une coopération limitée aux échanges diplomatiques pour privilégier des projets concrets. La RDC dispose d’importantes ressources naturelles et d’un vaste marché, tandis que la Tanzanie occupe une position stratégique sur la façade de l’océan Indien. Pour Kinshasa, le renforcement de cette relation peut faciliter l’accès aux corridors commerciaux de l’Afrique de l’Est et offrir de nouvelles possibilités pour l’exportation et l’importation des produits congolais. Pour Dar es Salaam, le marché congolais représente également une opportunité importante.

Le commerce devrait ainsi constituer l’un des premiers moteurs de cette nouvelle dynamique. L’amélioration des échanges entre les deux pays passe notamment par des infrastructures de transport plus efficaces, des procédures commerciales simplifiées et une meilleure circulation des biens et des personnes. Cette coopération pourrait également favoriser les entreprises privées des deux pays, à condition que les engagements politiques soient accompagnés de mécanismes capables de faciliter réellement les investissements et de réduire les obstacles administratifs.

L’agriculture apparaît elle aussi comme un secteur à fort potentiel. La RDC possède d’immenses terres arables et un potentiel agricole encore largement sous-exploité. La Tanzanie, de son côté, dispose d’une expérience dans certaines filières agricoles et dans l’organisation des chaînes de production et d’exportation. Une coopération mieux structurée pourrait donc favoriser les investissements, le partage d’expertise et la transformation locale des produits agricoles. À terme, cette approche pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et à réduire la dépendance aux importations.

Des ressources naturelles à transformer davantage en Afrique

Les mines et l’énergie occupent une place particulière dans ce partenariat. La RDC est l’un des principaux producteurs mondiaux de plusieurs minerais stratégiques, notamment le cuivre et le cobalt. Mais l’enjeu ne consiste plus seulement à extraire et à exporter ces ressources. Comme l’a souligné Félix Tshisekedi à Zanzibar, les pays africains doivent davantage transformer leurs richesses naturelles sur le continent. Cette vision rejoint la nécessité de développer des chaînes de valeur locales capables de créer davantage d’emplois, de revenus et d’opportunités industrielles.

La coopération énergétique pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives. Les besoins de la RDC restent considérables, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises et les industries. Le rapprochement avec la Tanzanie peut favoriser des discussions autour des infrastructures énergétiques, des échanges d’expertise et de nouveaux investissements. Dans un contexte où l’industrialisation africaine dépend fortement de l’accès à une énergie fiable, ce secteur pourrait devenir un élément central de la coopération entre les deux États.

Les transports et les infrastructures constituent un autre enjeu majeur. La position de la Tanzanie offre à la RDC une ouverture importante vers l’océan Indien, notamment à travers ses infrastructures portuaires et ses corridors terrestres. Pour un pays continental comme la RDC, la question des routes commerciales est essentielle pour réduire les coûts logistiques et améliorer la compétitivité des produits nationaux. Le développement de ces connexions pourrait donc avoir des effets directs sur le commerce, mais aussi sur l’intégration économique de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Est.

La dimension numérique et sanitaire montre également que le partenariat ne se limite pas aux secteurs traditionnels. La connectivité numérique peut faciliter le commerce, les services financiers, l’administration et les échanges entre les populations. Dans le domaine de la santé, les deux pays peuvent aussi renforcer le partage d’expériences, la formation et les mécanismes de coopération face aux crises sanitaires. Cette diversification est importante, car elle permet de construire une relation bilatérale plus équilibrée et davantage tournée vers les besoins quotidiens des populations.

Enfin, les discussions de Zanzibar ont accordé une place importante à la paix et à la sécurité régionales. Les deux présidents ont rappelé que la stabilité constitue une condition essentielle au développement économique et à l’intégration. Cette dimension revêt une importance particulière pour la RDC, confrontée depuis plusieurs années à une situation sécuritaire préoccupante dans sa partie orientale. Aucun grand projet économique ne peut produire durablement ses effets dans un environnement marqué par l’instabilité. La sécurité apparaît donc comme le socle sur lequel les ambitions économiques doivent être construites.

La déclaration de Félix Tshisekedi selon laquelle sa visite a posé les bases d’une coopération bilatérale plus étroite résume l’enjeu de cette rencontre. Le véritable défi sera désormais de transformer les orientations annoncées à Zanzibar en projets identifiables, financés et suivis dans le temps. Pour la RDC comme pour la Tanzanie, l’intérêt est de passer d’une proximité géographique à une véritable complémentarité économique. Si cette dynamique se concrétise, le partenariat entre Kinshasa et Dodoma pourrait devenir un exemple de coopération africaine fondée à la fois sur le commerce, la transformation des ressources, les infrastructures, l’intégration régionale et la stabilité.

Teddy Gile

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