Le regroupement politique Agissons pour la République (AREP) et Alliés a quitté la séance plénière de l’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi tenue le 19 mai dernier, refusant, selon ses responsables, de cautionner ce qu’il considère comme des dérives procédurales dans le traitement du dossier sensible relatif à la réhabilitation de cinq députés provinciaux.
Cette affaire, qui continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique provinciale, portait notamment sur l’examen d’un télégramme du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur concernant l’exécution des arrêts du Conseil d’État.
Face à la presse, le député provincial Dr Martinien Ngandakwe Matingi, élu du territoire de Gemena, a dénoncé plusieurs irrégularités dans le fonctionnement de la commission ad hoc mise en place pour examiner ce dossier.
Selon lui, bien qu’ayant été désigné vice-président de cette commission, il affirme n’avoir jamais été officiellement notifié de sa qualité de membre.
Malgré cette situation, il dit avoir pris part aux travaux en raison de l’importance du dossier et de la nécessité d’examiner le télégramme du VPM de l’Intérieur, qui demandait à l’Assemblée provinciale de se conformer aux décisions du Conseil d’État.
Pour l’élu de Gemena, les arrêts rendus par la haute juridiction administrative étaient clairs et visaient l’intégration des députés concernés dans l’hémicycle provincial. Il affirme toutefois qu’au cours des travaux de la commission, un autre document a été introduit dans le débat, notamment une correspondance attribuée au Premier président de la Cour d’appel du Sud-Ubangi.
Estimant que cette démarche s’écartait de l’objet initial de la mission confiée à la commission, le député provincial a refusé d’endosser les conclusions qui en découlaient.
« Je ne pouvais pas cautionner une telle démarche », a-t-il déclaré, soulignant que les travaux devaient se limiter à l’examen du télégramme du Vice-Premier ministre et à l’exécution des arrêts du Conseil d’État.
Au cours de la plénière, Dr Martinien Ngandakwe Matingi a officiellement saisi le président de l’Assemblée provinciale pour retirer sa signature du rapport présenté par la commission. Pour justifier sa position, il a invoqué l’article 151, alinéa 2, de la Constitution, qui consacre notamment l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’obligation de respecter les décisions de justice.
Le retrait de l’AREP et de ses alliés de la salle de plénière illustre les profondes divergences qui persistent autour du dossier des cinq députés réhabilités, une question qui continue de diviser les acteurs politiques du Sud-Ubangi et de susciter de vifs débats au sein de l’Assemblée provinciale.
De notre correspondant à Gemena dans le Sud-Ubangi Fiston Ngala Alexandre




