Le Fonds de Promotion de l’Industrie poursuit son offensive sur le terrain pour évaluer les entreprises publiques à fort potentiel stratégique. Vendredi, une délégation conduite par le Directeur Général Adjoint du FPI, Blaise Mastaky Birindwa, s’est rendue au Service National des Approvisionnements et de l’Imprimerie afin d’évaluer les capacités opérationnelles de cette structure essentielle au fonctionnement de l’État.
Accueilli par le Directeur Général du SENAPI, Yusuf Bin Nsambi, le responsable du FPI a effectué une visite de terrain centrée sur l’état des infrastructures et des équipements d’impression. Cette mission s’inscrit dans la stratégie du FPI visant à identifier les besoins prioritaires des entreprises publiques en difficulté afin de mieux orienter les mécanismes d’accompagnement.
Créé pour répondre aux besoins des administrations publiques, des entreprises du portefeuille de l’État et des établissements d’enseignement, le SENAPI demeure un maillon important de l’administration en République démocratique du Congo. L’établissement est notamment chargé de l’impression des documents officiels utilisés dans plusieurs services publics du pays.
Mais derrière ce rôle stratégique, la réalité du terrain révèle de nombreuses difficultés structurelles. Les équipes du FPI ont constaté un net ralentissement des performances de l’entreprise, conséquence directe des pillages enregistrés lors des crises passées, qui ont considérablement affaibli les infrastructures et réduit les capacités de production.
Pour relancer l’activité, un partenariat avait été conclu entre le Gouvernement congolais et la firme Djabbal Nour pour l’acquisition de nouvelles machines d’imprimerie. Une partie de ces équipements est déjà disponible dans les installations du SENAPI, signe d’une volonté de modernisation progressive du service.
Cependant, plusieurs défis persistent. Certains équipements restent insuffisants, d’autres ne sont pas encore installés ou demeurent sous-exploités faute de moyens techniques adaptés. Une situation qui limite fortement la capacité du SENAPI à répondre efficacement à la demande croissante des administrations publiques.
À ces difficultés techniques s’ajoutent des contraintes financières importantes. Les retards de paiement des prestations fragilisent la trésorerie de l’entreprise, malgré un effectif dépassant les 770 agents et un potentiel humain jugé considérable par les observateurs du secteur.
Pour Blaise Mastaky Birindwa, cette mission doit permettre d’identifier avec précision les besoins urgents du SENAPI afin d’envisager un accompagnement ciblé, notamment dans le financement et la modernisation des équipements. Entre défis structurels et ambitions de réforme, le SENAPI apparaît aujourd’hui comme un outil stratégique dont la relance pourrait renforcer l’efficacité administrative de l’État et réduire la dépendance extérieure en matière d’impression officielle.
Teddy Gile




